Articles

Art in the press

Offrons Design - Agenda Culturel numéro 431, Novembre / Décembre 2012

Nada Debs - mélange les cultures

Libanaise élevée au Japon, Nada Debs est diplômée en architecture d'intérieur de la Rhode Island School of Design. Après 40 ans d'exil et une carrière bien installée dans le design de mobilier, elle décide de rentrer au pays. Mauvaise surprise: le design de meubles moyen-orientaux n'est pas à son gout. Qu'à cela ne tienne, elle se retrousse les manches, s'arme de son solide bagage multiculturel pour créer une ligne nouvelle. 'East and East' nait en 2000 et propose désormais les créations de Nada Debs. Plus récemment, l'ouverture à Beyrouth de la Nada Debs Gallery et de deux boutiques éponymes nous a permis de profiter de son talent.

Quels liens y a-t-il entre art, artisanat et design dans vos créations?

Je pense que les liens entre les métiers d'art et le design résident dans le travail manuel; l'observation des artisans au travail m'inspire dans mes créations.

Quelles sont les nouvelles créations Nada Debs à mettre sous le sapin cette année?

Je travaille en ce moment sur des pièces fabriquées en béton!

Quels sont vos matériaux de prédilection?

J'aime le bois qui est un matériau vivant… et j'aime le béton qui contraste avec lui.

Etes-vous plutôt pour la démocratisation du design ou pour que cela reste des pièces de collection?

Dans l'idéal, je considère que plus le design touche de gens, plus il prend de la valeur.

Une pièce unique a-t-elle plus de valeur qu'une série limitée?

Je pense que oui.

Quel est votre designer préféré?

J'adore Tokujin Yoshioka, un designer japonais.

Quel est l'objet que vous aimeriez créer?

Il y en a tellement!!! Mais j'aimerais créer plus de tables à café et, dans l'idéal, une chaise!

Le cadeau que vous aimeriez recevoir?

J'aimerais que l'on m'offre une chaise 'lounge' Eames.

Gregory Gatserelia - "Nous voulons explorer des voies différentes"

Logée dans le quartier de la Quarantaine, la Smogallery promeut entre autres les travaux d'artistes libanais reconnus ou en voie de l'être. Les pieces uniques et éditions limitées sont mises en valeur par la galerie, qui se pique le lancer des passerelles entre art contemporain, design et architecture.

Cette approche guide la sélection des pièces exposées, qu'il s'agisse d'une œuvre, d'un meuble ou d'une pièce exceptionnelle. Smogallery envisage sérieusement de faire tomber les barrières entre le design accessible au grand public et les pièces uniques, d'ouvrir les espaces de créativité et de dialogue. Espace d'exposition et de création, la galerie veut de la découverte et de la dynamique, du changement et du mouvement. Créateur et manager de Smogallery, l'architecte Gregory Gatserelia nous fait découvrir sa vision des choses.

Votre galerie est spécialisée dans le design et l'art contemporain. Quelle relation y a-t-il entre le design et l'art?

La différence réside principalement dans le fait que le premier est fonctionnel, utilitaire et l'autre ne l'est pas. Or même dans l'art, il existe une fonction qui est celle de plaire à l'œil. De la même façon que l'art peut revêtir une forme d'utilité, le design peut être art. Une table n'a pas besoin de pieds pour remplir sa fonction. De même qu'une sculpture, de part sa forme, peut servir de reposoir. A Smogallery, nous nous intéressons particulièrement au design d'éditions limitées et pièces uniques qui sont susceptibles d'être élevées au rang d'œuvres d'art.

Vous collaborez avec un grand nombre de designers. Comment les choisissez-vous?

Par expérience. Nous pensons que les coups de cœur artistiques ne sont pas suffisants à eux seuls pour garantir un engagement de la galerie auprès de l'artiste. Au-delà de la séduction, nous prenons en compte le parcours de l'artiste et sa vision future quand à l'évolution de son art. Le relationnel aussi tient une place importante dans le choix de l'artiste. Certains artistes/designers peuvent être très talentueux mais avoir un ego surdimensionné qui porterait préjudice à la progression de leur carrière… mieux vaut être une valeur montante et sure qu'une étoile filante…

Qu'allez-vous exposer dans le cadre de votre expo de Noel 'Christmas Picks'?

Nous avons demandé à une palette d'artistes et de designers, qui représentent par ailleurs les talents auxquels nous croyons fermement, de créer des objets " arty", différents et accessibles, en guise de cadeaux de Noel. Cette exposition (qui se tient du 4 décembre 2012 au 4 janvier 2013) réunit donc les œuvres d'art et/ou les objets design de 17 artistes dans un projet qui les déplace du champ de l'utilité vers celui de la créativité.

Pensez-vous que le design est à la portée de tous?

Bien sûr, lorsqu'il devient produit industriel. Finalement qu'est-ce que le design? C'est donner un aspect plus esthétique à un objet fonctionnel. Une paire de ciseaux peut être design.

Maria Halios - design et pièces précieuses

Maria Halios est architecte d'intérieur diplômée de l'Esam à Paris, elle est spécialisée dans la création de meubles, lustres et objets qu'elle expose régulièrement depuis son retour à Beyrouth en 1996. Sa matière de prédilection est le métal, le fer forgé, l'acier ou le laiton, qu'elle transforme au gré de son inspiration. Ses œuvres ornent des halls d'entrée d'immeubles, des résidences privées et des lieux de culte au Liban et dans des pays d'Europe. Avec mh/d, elle lance une ligne de meubles et d'accessoires où se mêlent ses racines grecques et libanaises.

Quel est le concept de la ligne mh/d?

mh/d est une ligne de meubles et d'accessoires dont un nombre de pièces sont en éditions limitées. Des collections exclusives sont créées pour d'autres galeries y seront exposées en 2013, une partie de la collection sera également éditée par des éditeurs de mobilier. La galerie accorde également des "prestations de conseil" pour les projets d'architecture d'intérieur et l'étude d'espaces.

Avez-vous exposé en dehors du Liban?

J'ai eu l'occasion d'exposer en Suisse et à New York. En 2013, des expositions dans des pays d'Europe et du Moyen-Orient sont prévues.

Produisez-vous des pièces uniques?

Mes collections sont en majorité en éditions limitées complétées par une petite collection de pièces uniques et des meubles d'appoint en grandes séries. J'ai souhaité garder l'esprit d'une galerie et non d'une boutique de design d’où toute la différence. Par ailleurs, la clientèle qui s'adresse à la galerie est en quête de pièces exclusives et personnalisées.

Quelles sont les difficultés de la grande distribution?

Mes pièces ne sont pas toutes destinées à une grande distribution, à l'exception de certains meubles d'appoint et d'accessoires. Au Liban, nous ne pouvons pas parler de grande distribution, il faut s'exporter pour le faire, et aujourd'hui il m'est difficile de m'exprimer à ce sujet car c'est tout une autre philosophie que celle que j'ai adoptée qui requière une structure complètement différente.

Le design est-il un luxe?

En éditions limitées et en pièces uniques je considère que c'est un luxe, car au départ le coût de production est tares élevé donc le prix d'achat le sera forcement.

Quelle est votre icône du design préférée?

Si on parle d'un designer ce serait Martin Szekely!

Quelle est la pièce mh/d à avoir absolument ou à offrir en ces fêtes de fin d'année?

La collection exclusive que j'ai créée pour le Musée national de Beyrouth et qui sera en vente à la boutique du musée, ainsi que la nouvelle collection qui sera en vente à la galerie.

Rania Abillama Karam - "Il doit y avoir de l'intelligence et de la sensibilité dans le design"

En 2007, Rania Abillama Karam a décidé de donner un tournant plus personnel à sa carrière, avec une idée simple: mettre sous le même toit toutes les choses qu'elle aimait. En substance, cela donne Over the Counter, un espace ou se mêlent les différents designs de produits, depuis le luminaire jusqu'à l'ameublement, en passant par les objets de décoration et les accessoires de cuisine. Design classique, design contemporain, scandinave, européen, nord-américain et libanais: tout est là, sous vos yeux, des plus grandes signatures aux plus inconnus des jeunes talents. Rencontre.

Que trouve-t-on à Over the Counter?

Une sélection d'objets décoratifs pour la maison, des accessoires de cuisine, des luminaires, du mobilier danois, beaucoup de design scandinave… et quelques objets insolites.

Pourquoi avez-vous opté pour le design?

Après avoir travaillé de nombreuses années dans l'industrie lourde métallique, j'ai eu envie de me tourner vers quelque chose de plus humain, tout en gardant un lien avec l'industrie. Le design est un mélange de deux mondes: la création et la recherche d'une part, et la production d'une autre.

Quel âge a Over the Counter?

Over the Counter a cinq ans. A nos débuts, la sélection était beaucoup plus restreinte, nous offrions des objets industriels avec une touche artisanale et c'était plutôt des objets décoratifs. Aujourd'hui, nous avons une belle gamme de luminaires et de meubles, nous sommes les agents de plusieurs marques dont Tom Dixon, Emeco et Bocci, et nos objets arrivent des quatre coins du monde.

Comment choisissez-vous les créations que vous exposez?

Nous insistons sur l'idée d'une sélection. Quel que soit le prix de l'objet, il faut qu'il y ait un respect du matériau, une intelligence de la conception et une sensibilité derrière la création.

Faites-vous des commandes spéciales aux designers?

Nous avons fait des commandes spéciales lors de l'exposition 'Naughty' que nous avions organisée il y a quelque temps. Nous avons fait appel à des créateurs libanais – designers, photographes, créateurs de mode, artistes - pour créer une gamme d'objets qui s'inspire de ce thème. L'exposition a été un réel succès.

Le design doit-il être utile?

A mon avis oui, sinon ce ne serait pas du design mais de l'art. Les limites aujourd'hui entre le design et l'art sont cependant parfois très fines.

Noel est aussi la fête des cadeaux. Qu'allez-vous proposer pour les fêtes de fin d'année?

Nous organisons une exposition en décembre qui s'appelle 'Big in Japan'. C'est une exposition qui réunira une belle sélection d'objets qui refléteront la mentalité japonaise, son respect des traditions, la qualité de son artisanat et son amour du travail bien fait. Il y aura de la céramique, des accessoires de bureau, des verres japonais, du textile et quelques surprises. Cette exposition est organisée avec le Comptoir qui proposera une sélection de Sake et de Malt japonais. Nous avons collaboré avec la Galerie Fadi Mogabgab et la boutique IF qui présenteront aussi leurs visions du Japon.

Quel objet représente le plus Noel pour vous?

La carte de vœux. Quel que soit le cadeau ou sa valeur, je trouve cela toujours élégant de se donner la peine de choisir une jolie carte et d'écrire un petit mot. Je tiens ceci de ma grand-mère!

Joseph Khoury ou la philosophie du design

Quand architecture et philosophie se mêlent, quand la créativité et l'utilité se rejoignent et que le design rencontre la qualité, cela donne Salt, un espace de produits design. Ce nom, 'Salt', est venu à l'esprit des créateurs de la boutique comme une pincée de ce sel qui est à la fois vital à la conservation des aliments et ajoute une pointe de piment à nos vies. Un peu de saveur dispersée dans votre maison, des objets pensés pour vous et votre intérieur. Pas seulement une boutique, Salt laisse la part belle à l'innovation, la création et l'art en général. Entretien avec Joseph Khoury, architecte designer et créateur de Salt.

Salt est un nouvel espace dédié au design. De quoi s'agit-il?

Salt est un 'concept store' de 160m2 situe à l'entrée de Kaslik. Ce qui donne à l'espace son caractère, c'est la passion, la simplicité et la liberté architecturale avec laquelle il a été conçu; podiums, stèles, étagères… Tout a été pensé d'une manière épurée, de façon à donner le maximum d'importance à l'objet exposé. C'est un espace qui se veut phare du 'product design', qui englobe un large éventail d'objets, du centre de table à la table de centre. A part la vente d'objets, Salt est un espace polyvalent pour accueillir des événements, des installations artistiques…

Quels sont les labels que vous exposez?

Il y a d'abord la gamme d'objets produite par ma boite de design Ex-nihilo, mais aussi des créations de designers internationaux (Charles & Ray Eames, Philippe Starck, Zaha Hadid, Karim Rashid, Marcel Wanders…), produites par les boîtes de production internationales comme Alessi, Kartell ou Vitra. Nous mettons en avant les créations de jeunes talents produites par l'Allemand Philippi. Les verres et décanteurs en cristal crées par Claus Riedel pour Riedel, ainsi que les accessoires de vin de L'Atelier du vin, sont également disponibles.

Comment effectuez-vous votre sélection?

Je suis un architecte amoureux du design et passionné d'esthétique. J'opte pour l'élégance et l'authenticité et fuis le prétentieux et le faux luxe. Je m'entoure de produits cultes du design, d'objets souvent porteurs d'un message et qui jouent le rôle de témoin culturel.

Y a-t-il des impératifs de mode dans le design?

Ne serait-ce pas plutôt le designer qui 'lance' la mode?

Quel est votre designer préféré?

Chaque designer à son point fort, son caractère et sa différence, mais je reste le premier fan du designer français Philippe Starck.

Quel est le 'must-have' de ces fêtes de fin d'annexe?

Mon coup de cœur actuel est le plateau pliable, 'Fatman', du designer Marcel Wanders pour Alessi. Lorsque 'Fatman' est plié, il arbore une silhouette ronde vêtue d'un costume d'arlequin surmonté d'une petite tète qui repose sur une fraise et qui tient debout sur un large socle. Une fois déplie, 'Fatman' se démultiplie dans l'espace et offre trois coupelles rondes et légèrement creuses en acier inoxydable étincelant. La collerette se déplace verticalement.

Votre dernière création?

Salt Product Design.

Cherine Magrabi, l'artisanat dans tous ses états

Cherine est née et a grandi à Jeddah, entre un père egypto-saoudien et une mère libanaise. Cette maman de trois enfants trouve aussi le temps d'enfiler les casquettes de chef d'entreprise et de passionnée d'art, de mode et de design.

Diplômée de la prestigieuse Ecole d'art de Chelsea, à Londres, elle a fait ses premières armes au pays de Shakespeare avant de rentrer au Liban mettre son savoir-faire au profit de l'entreprise familiale. Elle est également membre de plusieurs ONG, collectionneuse d'art chevronnée et mécène du Beirut Art Center. Cherine Magrabi a récemment lancé House of today, une plate-forme de "design artisanal" collaborative qui transmet sa passion pour le "fait main".

Parlez-nous de House of Today.

L'année dernière, nous avons voulu faire découvrir les talents de 25 designers libanais et les travaux des meilleurs artisans du pays. Outre des petites pièces non exclusives, la plateforme artisanale a présenté 19 pièces ou ensembles en édition limitée qui prouvent que le Liban a beaucoup de choses à offrir en matière de qualité, de compétence et de créativité dans le domaine du design. C'était la motivation première de cette initiative et cela continue de l'être maintenant que nous préparons la prochaine collection. Mes projets professionnels sont le reflet de mon caractère et de mon bagage intellectuel et artistique. Je suis diplômée du London's Chelsea College of Art, mère de trois enfants, j'ai grandi à Jeddah et je milite dans plusieurs ONG.

Qui sont les designers avec lesquels vous collaborez?

Cela fait longtemps que je fais du mécénat au Moyen-Orient. Cela me permet de bien connaître la plupart des designers au Liban. Ceux-là même, ainsi que mes amis et mes connaissances issus de l'industrie créative, m'ont permis de rencontrer de jeunes talents prometteurs qui souhaitaient participer au projet. Au total, dix d'entre eux ont été invités à produire une collection pour 2012. On va continuer à soutenir de nouveaux designers, en leur demandant de présenter leurs créations devant un jury qui invitera une partie d'entre eux à créer la collection House of Today 2013. La spécificité de la collection 2012 est qu'elle représente une réflexion sur le thème des 'confessions' qui a permis d'inspirer les designers et d'enrichir la variété des domaines sur lesquels ils travaillent. Il y avait des architectes, des photographes, des céramistes, des illustrateurs, des stylistes, des architectes floraux, des graphistes, des architectes d'intérieur ainsi que des designers de produits, de mobilier et d'espace.

A quand votre prochaine exposition?

House of Today exposera sa collection 2013 au début de l'été prochain. Elle inclura des produits crées par des designers et des artisans libanais cette fois encore, mais elle sera inspirée par un nouveau thème, qui sera annoncé avant l'exposition.

Le cadeau que vous aimeriez recevoir?

Du temps.

Sandra Kheir Sahyoun - la créativité avant tout

Sandra Kheir Sahyoun est diplômée de l'Académie libanaise des beaux-arts (Alba) en design d'intérieur et de mobilier. Elle fait désormais partager son savoir à l'Alba et découvrir ses créations à la galerie d'art contemporain State of Art Gallery. Son credo? Une créativité dynamique qui vise à provoquer l'émotion.

Décrivez-nous la ligne State of Art Gallery?

State of Art Gallery est un espace de travail d'architecture d'intérieur où sont exposés en permanence mes peintures et mes designs de mobilier.

Vos créations incluent peinture et mobilier. Quelle relation y a-t-il entre l'art et le design?

A mon avis, la créativité ne se range ni dans une échelle bien déterminée, ni dans un espace tridimensionnel ou une surface bidimensionnelle. Que ce soit en architecture d'intérieur ou d'extérieur, en design de mobilier ou en art, elle est l'essence de toute création afin de procurer une émotion ou répondre à un besoin.

Qu'est- ce qui vous inspire le plus et sur quoi travaillez-vous actuellement?

Actuellement, je travaille un concept commun au design de mobilier et à la peinture. Je concentre mes recherches sur les motifs décoratifs orientaux et la calligraphie arabe afin d'obtenir un produit contemporain ou un tableau ayant une identité culturelle. En art, les motifs orientaux sont la partie culturelle abstraite que je mélange à une peinture réaliste représentative de notre société contemporaine. En mobilier, la géométrie répétitive des arabesques se traduit par des designs modulaires comme par exemple la série 'Polygones' qui crée, à partir de la multiplication et la juxtaposition d'un simple module d'octogone, un pose-livre, des étagères, une bibliothèque... C'est en mariant les cultures que je peux dire que mes designs sont libanais.

Est-ce difficile de produire au Liban?

Il est vrai que l'on ne trouve pas au Liban toutes les technologies nécessaires à toutes les productions, mais je trouve que cette contrainte peut inciter à exploiter d'une façon plus créative les techniques de production qui nous sont accessibles. Personnellement, je profite énormément de l'emplacement de ma galerie dans la cité industrielle de Sed el-Bauchrieh pour dépasser ces contraintes.

Ou aimeriez-vous voir vos designs exposes un jour?

Je ne rêve pas d'un endroit précis, mais je serais surement fière de pouvoir exporter mes designs "made in Lebnen" un peu partout dans le monde.

Hania Yafawi - 6:05 lieu de rencontre des adeptes de l'avant-garde

6:05 est un concept store crée par la boutique de vêtements pour femmes Dépêche Mode. En plein cœur de Beyrouth, ce lieu atypique propose aux curieux toutes sortes de petits luxes, gadgets, livres, articles beauté et cosmétiques chics. Les pièces présentées sont triées sur le volet et sélectionnées parmi les marques les plus recherchées et les designers les plus rares. Mais 6:05 c'est aussi un lieu ou l'on peut passer un moment privilégié entre amis et profiter de la créativité des artistes, DJs et autres inventeurs. Rencontre avec Hania Yafawi, fondatrice du concept store.

Parlez-nous de La Sardina et, plus spécialement, de l'édition DIY.

La Sardina édition DIY (Do It Yourself) a été créée pour tous les adeptes de la lomographie qui rêvent de styliser leur appareil photo. Ecrire, dessiner, peindre, gribouiller, insérer vos propres photos ou démonter complètement le bricolage de La Sardina – tout est possible sans aucune limite. La Sardina DIY sera vendue en exclusivité à 6:05 pour le prix de 209 dollars.

Avez-vous fait appel à des créateurs pour habiller la Sardina?

En collaboration avec Lomography, nous avons sollicité plusieurs jeunes talents locaux de différentes industries, à la recherche de nouvelles expériences, pour habiller La Sardina: Alfred Badr, Caline Chidiac, Karine Fakhry, Leah Haidar, Hans Harling, Tino Karam, Carlo Massoud, Raya Morcos, Dar Onboz , Laurent Saad El-Khoury et Wissam Smayra mettront en vente leurs designs de La Sardina le jeudi 13 décembre à partir de 6h05 jusqu'à 22h00 au profit de l'association Roads for Life Talal Kassem destinée à lever des fonds pour financer les soins des accidentes de la route.

A l'occasion du lancement, vous avez prévu de mettre en vente une série limitée de photographies signées par des artistes. De quoi s'agit-il?

A cette occasion, nous avons fait appel aux photographes les plus en vogue de Beyrouth: Carlos Aoun, Loryne Atoui, Kassim Dabaji, Rayya Haddad, Tino Karam, Christophe Katrib, Nagib Khazzaka, Roger Moukarzel, Noel Nasr, Dar Onboz, Caroline Tabet, Tania Traboulsi et George Zouein pour nous proposer une série de photographies sous le thème 'Everyone's got a little story to hide'. Ce slogan, étant devenue l'emblème de notre concept store, les poussera à se détacher de la réalité et à partager avec leurs proches une vision artistique différente. Les ventes iront aussi au profit de l'association Roads for Life.

L'objet que vous aimeriez offrir pour les fêtes de fin d'année?

Pour un homme amateur de belles voitures, je lui offrirais le dernier livre design 'The Porsche Book'. Pour les rockeurs, ce sera plutôt un must-have de la saison: le blouson en cuir Iro. Pour une femme, la dernière collaboration du vernis pailleté Uslu avec le designer Bernard Willhelm et une bougie massage Emmanuel Levain pour se relaxer pendant les fêtes. Pour un ado, les baskets high top Feiyue en fourrure pour le froid de la montagne et la nouvelle montre Taketime de Lexon en rouge.

Celui que vous aimeriez recevoir?

J'aimerais recevoir un voyage aux Maldives.