Patrick
Chappatte Chappatte
is an editorial cartoonist.
He is also a curious blend of Swiss and Lebanese origins, born in
Pakistan, raised in Singapore and in Switzerland, he lives now in
Geneva after three years spent in New York.
He has an equal passion for World Affairs and dark bitter chocolate.
He draws a twice-weekly cartoon in the International Herald Tribune.
Chappatte also works for the daily Le Temps, in Geneva, and the
Sunday edition of the Neue Zürcher Zeitung, in Zurich.
In New York, he was an illustrator for The New York Times and created
Rob the cybernaut, a comic strip published in Newsweek International.Publications
include: Los Angeles Times, Foreign Affairs, Financial Times, Courrier
International.
His best cartoons published in the Herald Tribune have been collected
in the cartoon books Globalized in February 2007,and Another World
in 2004.
Besides that, six collections of his political cartoons, as well
as a travel diary
made during a four-month trip to South America were published in
French.
Patrick
Chappatte, le plus journaliste des dessinateurs. Propos recueillis
par Myriam Ryzk (Agenda culturel no. 308 du 17 au 30 Octobre 2007)
L'Agenda Culturel a entretenu une interview avec le dessinateur
de presse libano-suisse, Patrick Chappatte. Ce dernier signe dans
plusieurs quotidiens internationaux dont International Herald Tribune,
Le Temps et New York Times. Ses dessins sont également repris
sur le site Yahoo et apparaissent régulièrement dans
des publications comme le Courrier International.
La caricature mode de vie
Conservez-vous des liens avec vos origines libanaises?
Oui, à travers la famille de ma mère, dont une partie
en Suisse et l’autre au Liban. Tout Beyrouthin en quête du
dernier best-seller français ou anglais connaît ma
tante chérie: La petite dame énergique qui gère
la librairie Antoine à Hamra et qui me régale de plats
orientaux les rares fois où je peux passer la voir. Ma tante
Sousou et la cuisine sont mes deux liens forts avec le pays du Cèdre.
Dans quel mode culturel avez-vous grandi?
C’est un drôle de mélange. Je suis né au Pakistan,
d’un père suisse et d’une mère libanaise, j’ai vécu
à Singapour jusqu'à l’age de 5 ans, j’ai habité
récemment trois années à New York, mais l’essentiel
de ma vie s’est passé à Genève. Je reste partagé
entre ce croisement de cultures et des attaches sédentaires.
La Suisse m’a nourri (pas seulement de chocolat), le grand large
me passionne.
Comment êtes-vous arrivé au dessin de presse
?
Après le gymnase, qu’on appelle collège en Suisse,
j’ai fait une formation de journaliste dans un quotidien genevois,
dans les rubriques locale et culturelle. Je pensais obtenir ma carte
de presse, puis rejoindre l’université. Mais la place de
dessinateur éditorialiste s’est libérée. Je
m’y suis essayé. Je n’ai jamais arrêté. Cela
fait 19 ans maintenant.
La caricature mode d’emploi
Comment pensez-vous vos dessins ?
Il n’y a pas vraiment de recette. Je tourne et retourne le sujet
d’actualité dans ma tête, en cherchant l’ouverture.
Parfois, c’est un mot qui donne la clé, d’autres fois, une
image. J’esquisse en général 3 à 6 idées
différentes, avant d’en sélectionner une qui sera
finalisée.
Comment distingue-t-on le subtil de la provocation gratuite?
Pour moi, le bon dessin de presse doit être à la fois
synthétique, drôle et apporter un commentaire original,
percutant. Il y a un savant milieu entre le didactisme moralisateur,
qui n’est pas drôle, et le simple gag, qui fait rire sur l’instant
mais s’essouffle à la deuxième lecture. Je me dis
toujours que je dois pouvoir justifier mon dessin si je me trouvais
face à sa «victime». C’est cela qui fait la différence
avec l’humour gratuit.
On vous qualifie du «plus journaliste des dessinateurs»?
Comment menez-vous vos reportages ?
A coté de mes dessins de presse, j’ai aussi réalisé
une douzaine de reportages en BD. J’ai réalisé en
2000 un reportage dessiné sur ma tante de Beyrouth et un
autre au «Pays du Hezbollah», une semaine après
le départ des soldats israéliens du Sud. (On peut
commander le livre à la librairie Antoine). Les deux derniers,
en Côte d’Ivoire et à l’Elysée, sont visibles
sur le net, à l’adresse : www.globecartoon.com/bd.
Ce sont deux types de boulots très différents. Le
dessinateur de presse «reste» les fesses sur sa chaise
et décroche ses flèches. Le reporter dessinateur voyage,
photographie et mène des interviews exactement comme un journaliste.
C’est le montage final qui est différent, le fait d’employer
des dessins et un ton subjectif.
Est-ce plus facile ou plus efficace de critiquer (dénoncer)
les grands de ce monde (Bush, Sarkozy…) ?
Ces personnages saillants ont déjà quelque chose de
caricatural, ce qui simplifie notre tâche. Bush, physiquement,
c’est du pain béni pour les dessinateurs. Politiquement,
c’est une catastrophe absolue, et comme les catastrophes se prêtent
bien au dessin de presse…
La mode de nos temps
Vous soulevez des points qui affolent (réchauffement planétaire,
pauvreté en Afrique…).
Comment faites-vous pour ne pas être complice de cette machination
?
Je suis absolument complice du réchauffement global, en dessinant
a la lueur des ampoules halogènes, plutôt que de la
bougie; et je mange chaque jour à satiété avec
la parfaite mauvaise conscience de l’Occidental, merci. Je pense
néanmoins que l’humour, cette politesse du désespoir
comme disait le sage chinois, nous aide à digérer
ce monde de violences et de contradictions. Il n’y a qu’à
regarder le bien que font Stavro et mes autres confrères
libanais…
Le pire des technologies est-elle à venir ?
Bien entendu. L’imagination des fabricants d’armes est hélas
plus grande que celle des artistes.
Quelle critique correspondrait le plus à la culture de nos
jours ?
Je suis fasciné par le temps modernes, cette époque
technologique qui a vu téléphones portables, spams
et voitures intelligentes envahir nos vies. Tout cela simplifie
notre quotidien et le complique à la fois. C’est une source
de paradoxes innombrables. Par exemple, on est de plus en plus connectés,
et en même temps on se renferme toujours plus dans sa culture,
ses références. Cela promet des chocs, comme l’a montré
l’affaire des caricatures de Mahomet. Bref, on va encore plus avoir
besoin d’humour à l’avenir.
►► Some
of the artist's artwork
Contact: editorial@onefineart.com
Online portfolio of the artist available on globecartoon.com
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