| Gisèle
Rohayem (1947 - 2010)
Gisèle Françoise
Marie Losguardi est née le 10 Mai 1947 à Beyrouth
de père français (Arthur Losguardi) et de mère
libanaise (Laurice Nahas). Elle passa son enfance dans la maison
familiale à Ras El Nabeh avec son frère ainé
Claude et sa sœur Viviane.
Elle fit toutes ses études
à l'école Sainte Anne des "Sœurs de Besançon"
jusqu'au baccalauréat en 1965. La même année,
le 12 juillet 1965, elle épousa un jeune officier de Marine,
Mounir Rohayem. A l'âge de 19 ans, elle devient mère
de son fils Joe (1966), puis deux ans plus tard (1968) un second
fils Jacques et deux ans après en 1971 naquit son troisième
fils André. A 25 ans, Gisèle était entourée
d'affection et elle croyait avoir trouvé le bonheur.
Puis en Avril 1975 éclate
la guerre civile. Gisèle se trouva presque seule avec trois
enfants, son mari étant caserné comme tous les officiers
de l'Armée.
Quand elle avait quarante
ans, le dernier des trois garçons quitta la maison pour faire
ses études en France. Gisèle qui s'était dévouée
pour sa famille sans compter, se lança dans une passion qui
ne la quitta plus: la peinture. Elle s'inscrivit à la faculté
des Beaux-arts de l'Université Libanaise, acheva avec bravoure
son diplôme d'artiste-peintre en 1991, et développa
son propre style. Des coups secs, brefs au couteau, dans une symphonie
de couleurs et de tonalités. Elle travaillait la toile de
long en large. Une de ses premières œuvres qui fut sélectionnée
au Salon d'Automne à Paris s'intitule "Le phénicien".
On y voit une ombre, deux yeux hagards et terrifiés, on y
soupçonne les traits d'un visage défiguré de
douleur. Ce phénicien défiguré, semblable à
ce Liban qu'elle aimait tant. Son Liban chéri, "c'est
mon pays, ah, j'adore l'Orient", répétait-elle.
Elle avait grandi à
Beyrouth, rue de Damas, parlait souvent de l'appel du muezzin à
l'aube et disait "comme le Liban est beau". Elle souffrait
de voir son Liban chéri martyrisé, débauché,
violé et vendu au plus offrant.
Et la France, le pays
de son père, son étoile du nord. La France qu'elle
aimait et chérissait sans pourtant avoir voulu y vivre. Non,
Gisèle était pétrie des saveurs d'Orient, de
la poésie de l'Orient, des lueurs d'Orient.
Que dire encore? Si elle
avait été un homme, elle aurait peut-être pris
les armes, mené des légions au combat, découvert
un continent, ou encore aurait-elle décroché la lune.
Mais elle était Gisèle, une femme née en 1947,
au lendemain de l'indépendance du Liban, de père fiançais,
de mère libanaise, épouse de Mounir Rohayem, mère
de Jose, Jacques et André. Une étoile filante trop
tôt disparue avant d'avoir eu 63 ans.
Expositions
individuelles
1991 - 1993 - 1995 -
1997 - 1999 - Galerie Epreuve d'Artiste Beyrouth
2000 - Harmonies de la Matière, Galerie Jane Garoche, Paris
2001 - Galerie Epreuve d'Artiste, Beyrouth
2002 - Galerie New Art, Athènes
2003 - Galerie les Sablons, Cannes
2004 - Hôtel Sheraton, Damas
2006 - Palais de L'UNESCO, Beyrouth
2006 - Bureau du tourisme du Liban, Paris
2007 - Les Artistes de la Galerie, Galerie Horizon, Marseille
Expositions
collectives
1991 - Palais de Beiteddine,
Liban
1992 - Hôtel Sheraton, Damas
1993 - Salon d'Automne, Paris
1994 - Galerie La Hun, Paris
1994 - Salon d'Automne, Paris
1994 - Hall de l'Association des artistes Syriennes, Damas
1997 - Salon d'Automne, Paris
1998 - Galerie Janine Rubeiz, Beyrouth
2000 - Salon d'Automne, Paris
2002 - Salon des Artistes Indépendants, Paris
2003 - Artiste Libanais, Galerie Epreuve d'Artiste, Beyrouth
2007 - Galerie Aida Cherfan, Beyrouth
2009 - Galerie Aida Cherfan, Beyrouth
2009 - Salon d'Automne. Sursock Museum, Beyrouth
- Membre de l'association
libanaise des peintres et des sculpteurs
- Membre sociétaire du Salon d'Automne, Musée Sursock
- Membre du Salon d'Automne, Paris
"J'ai toujours aimé
le beau et eu un goût particulier pour l'esthétique".
C'est ainsi que répond Gisèle Royahem à la
question de savoir si elle aime peindre depuis toujours. "Je
me souviens, par ailleurs, que je dessinais beaucoup et que j'aimais
accrocher mes dessins comme tous les petits." Mais il a fallu
de la témérité et de la passion à Gisèle
Rohayem pour arriver à cette première exposition personnelle,
inaugurée à Epreuve d'Artiste, Kaslik le 23 Juin et
qui prend fin aujourd’hui même.
Apres ses années
d'études à la Faculté des Beaux-arts de l'Université
Libanaise et quelques expositions collectives, le peintre s'est
enfin sentie prête à affronter seule le public avec
28 toiles. Peintes à l'huile, au pinceau ou au couteau et
même rectifiées "au coup de main", ses œuvres
partent de sentiments puisés au fond de l'âme. Elles
ont sans aucun doute exigé beaucoup de travail et comme le
dit l'artiste, "pour achever une toile, il faut payer la facture
et celle-ci est lourde sur le double plan intellectuel et physique".
Dans une unicité d'esprit, de souffle, de technique, se diversifient
les sujets traités. Objets inanimés, fleurs êtres
humains, visages effarouchés, tous sont reproduits par l'artiste
dans une nouvelle conception de l'art pictural. "J'étais
à la recherche de quelque chose qui était, en réalité,
enfoui en moi.
Quand j'ai découvert
l'expression moderne, je l'ai réalisée avec toute
mon âme. Il est essentiel de beaucoup aimer son art pour fournir
l'effort imposé. Et comme disait Picasso, il y a 1 % de talent
et 99 % de transpiration". Quant aux teintes ocre qui prédominent
dans l'ensemble des œuvres, Gisèle Rohayem les explique par
la stabilité qu'inspirent ces couleurs ternes. "Elles
me tentent énormément". Mais le bleu, le rouge
ne sont pas dédaignés. C'est animée par sa
foi en l'espèce humaine que Gisèle Rohayem peint..."
Gisele
Rohayem - Impressions... Magazine, 3 Juillet 1992

Nature morte, peinture à l'huile, 60 x 75 cm, 1998

Hortensias, peinture à l'huile, 115 x 100 cm, 1992,
collection S.E. Jean et Mme Loubna Obeid

Nu, peinture à l'huile,1992, collection M. Michel et Mme
Ferial Raphael

Adelaide, peinture à l'huile, 60 x 70 cm, collection Dr.
Jean Tasrini
►► Page
2
Contact: editorial@onefineart.com
|