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Peintures Murales dans les Eglises Maronites Médiévales -SUITE-

On reconnaît de droite à gauche:

1- L ’Apôtre Thomas: Jeune, imberbe, chevelure noire et courte, chaussures blanches. Il est vêtu d’une tunique talaire rouge brun, à encolure carrée, couverte d’un manteau gris passant par les deux épaules, mais laissant libre la main droite qui se pose sur la poitrine, et dont la manche est ornée de pierres précieuses. Il tient un rouleau fermé.


ApôtreThomas

2- L’Apôtre Bartholomée: Visage d’homme d’âge mûr, barbe châtain taillée en rond, et une courte chevelure de même teinte. Il est vêtu d’une tunique grise et d’un manteau orange passant par les épaules, mais laissant libre la main droite qui se pose sur la poitrine et dont la manche est ornée de pierres précieuses. Il tient un rouleau fermé.


Apôtre Bartholomée

3- L’Apôtre André: Un vieillard, vêtu d’une robe grise à encolure carrée, et un manteau de couleur rouge foncé. La main droite posée sur la poitrine. La manche est ornée de pierres précieuses. Il a une barbe blanche à pointe et une chevelure blanche hirsute qui descend jusqu’au cou par derrière les oreilles. Il tient un rouleau fermé.

4- L’Apôtre Jean: Homme jeune, imberbe, petite bouche et nez aquilain, cheveux noirs courts coupés ras et tête nimbée. Il est vêtu d’une tunique rouge à encolure carrée, sur laquelle passe un manteau gris sur un fond châtain. Il lève la main droite devant sa poitrine en joignant l’annulaire au pouce, et porte un évangile rouge orné de pierres précieuses. La peinture de la manche est abimée.

5- L’Evangéliste Marc: Homme dans la force de l’âge, le visage rond encadré de chevelure noire qui tombe derrière les oreilles, barbe courte et noire. Il est nimbé et son nom est inscrit verticalement en caractères «estrangelo» dans le nimbe. Il est vêtu d’une tunique brune à rayures et à encolure carrés et d’un manteau brun foncé laissant libre la main droite en attitude de salutation. Il porte un évangile dans la main gauche endommagée.

6- L’Apôtre Pierre: Un vieillard, au visage rond entouré d’une chevelure bouclée, yeux noirs et nez aquilain, le regard triste et inquiet. Son nom est inscrit verticalement dans le nimbe en caractères «estrangelo» noirs. Il est vêtu d’une tunique brune à encolure carrée. Son manteau jeté sur ses épaules est brun clair. Il lève la main droite devant la poitrine en joignant l’annulaire au pouce. Une partie de la main gauche, apparaît au-dessous d’une tâche noire où figurait un rouleau.


7- L’Apôtre Paul: Un homme dans la force de l’âge, visage rond mais complètement endommagé, la tête chauve et nimbée. Des ses vêtements détériorés on ne voit que la forme et un évangile posé sur la poitrine.

8- L’Evangéliste Luc: Un homme dans la force de l’âge, tête allongée et barbe grise pointue, rasé à gras, il porte une tonsure. Il est revêtu d’une tunique brune à encolure carrée, sous un manteau gris qui cache les épaules et couvre seulement les deux tiers de la tunique, laissant libre la main droite joignant l’annulaire et le majeur au pouce. La manche qui cache le poignent est ornée de pierres précieuses. Il porte un évangile dont la couverture est ornée d’une croix en entrelacs avec un losange à double trait au milieu.

9- L’Evangéliste Mathieu: Un vieillard nimbé, le visage orné d’une longue barbe en pointe qui dépasse l’encolure de la tunique, et d’une chevelure hirsute qui repose sur deux oreilles allongées. Il est vêtu d’une tunique brune à encolure carrée et d’un manteau rouge qui passe sur la tunique, laissant libre la main droite à manchette décorée de pierres précieuses. Il lève la main droite devant la poitrine en joignant l’annulaire au pouce. Il porte un évangile orné sur les contours, de pierres précieuses.

10- L’Apôtre Simon: Homme d’âge mûr, barbe brune et chevelure courte de même teinte: vêtu d’une tunique rouge et d’un manteau châtain suspendu sur son épaule gauche, au-dessous de la main qui tient un rouleau. Sa main droite est en attitude de bénédiction. Il joint l’annulaire et le majeur au pouce. Les yeux sont endommagés ainsi que le nez. La partie inférieure gauche du nimbe est détruite légèrement.

11- L’Apôtre Jacques: Un vieillard, à longue barbe et courte chevelure; dans le nimbe de la tête est inscrit son nom verticalement en caractères «estrangelo» noirs. Il est vêtu d’une tunique rouge à encolure carrée et un manteau de même couleur qui se pose sur la poitrine et dont la manche est ornée de pierres précieuses. L’annulaire est joint au pouce. Il tient un rouleau fermé. Le visage est endommagé ainsi que la poitrine et la partie supérieure du nimbe.

12- L’Apôtre Philippe: Approximativement de même âge que Jean et lui ressemble, cheveux courts coupés ras. Il est vêtu d’une tunique rouge à encolure carrée et d’un manteau gris. Il a la main droite posée sur la poitrine dont la partie gauche est endommagée.

C’est une admirable variété que celle qui se manifeste dans la forme de ces personnages, en effet, on y voit le vieillard aux cheveux blancs, l’homme d’âge moyen, à la chevelure et à la barbe noires, et le jeune homme imberbe. Les évangélistes et Saint Paul portent des évangiles, les autres des rouleaux, mais tous les portent dans leur main gauche, pendant que leur main droite demeure, soit au repos sur la poitrine, soit levée en un geste de bénédiction. Leurs soutanes et leurs manteaux présentent une grande diversité de formes et de couleurs. Il y en a de tellement simplifiés qu’on les croirait faits d’une seule pièce tandis que d’autres sont plutôt faits d’ondulations et de plis. Mais, tous tombent jusqu’aux pieds. Quant aux couleurs, elles sont variées, on y voit aussi bien le bleu clair et le bleu foncé ainsi que le rouge et le pourpre, l’orange pâle et le vert clair, mais toutes sont liées entre elles avec une harmonie parfaite, et forment ainsi avec l’ensemble des peintures une véritable unité artistique.

Le peintre a dû employer dans l’exécution de cet ensemble le procédé de la confrontation qui constitue la méthode conventionnelle dans l’Orient Ancien , et en particulier chez les Parthes, adorateurs de Mythra, lesquels s’étaient installés à Palmyre, à Doura-Europa et à Hatra, puis à l’époque moderne, à Constantinople et à Ravenne. Ce procédé de confrontation constitue l’expression d’une relation directe, déterminée, avec le spectateur. Il exige que le public respecte les personnages et que ceux- ci manifestent leur respect à son égard.

Cet ensemble de peintures dans la voûte de l’abside, constitue un thème iconographique célèbre dans l’art byzantin, à savoir le «Deisis» c’est-à-dire «Supplication», qui d’habitude représente un groupe de saints en supplication, que guident la Vierge Marie et Jean-Baptiste à l’heure du jugement dernier. Ce thème iconographique est demeuré en honneur à Byzance et en Russie jusqu’à la fin du moyen-âge.

Sur les murs de l’abside de part et d’autre de la voûte, se trouvent quatre dessins principaux: en bas de l’arcade, à gauche, au-dessous de l’ensemble d’Abraham d’Isaac et de l’archange Gabriel, figure un personnage peint de face, sur un fond vert foncé. C’est le prophète Daniel. On lit son nom écrit à gauche en syriaque en caractères «estrangelo» blancs, il porte une robe rouge incrustée de pierres précieuses. Il a la tête ronde, le nez fin et de grands yeux. Sa chevelure noire est courte, dans un nimbe de couleur jaune, et cerné d’un cadre blanc et noir.
Devant Daniel, se trouve une coupe noire dont on ignore pratiquement l’utilisation. Il se peut, que le peintre ait imaginé Daniel dans la fosse aux lions, ayant devant lui, la nourriture que lui eût apporté le prophète Habacuc (Dan 14, 36).

Sur la paroi gauche, à l’angle inférieur, l’image du martyr Théodore. Il est né à Amacia dans le Pont, où il est connu comme soldat romain. Il a subi le martyre au temps de Dioclétien et Maximien au début du IVe siècle. Dans le calendrier Maronite, sa fête se célèbre le 8 février, et dans le calendrier latin le 9 novembre. Une miniature serbe du XIIIe siècle le représente écrasant sous ses pieds les queues de trois serpents. Au VIe siècle, il est représenté dans une mosaïque commandée par le Pape Félix IV, à l’église des Saints Côme et Damien à Rome. Il a sa statue à la cathédrale de Chartres, qui remonte au XIIIe siècle. C’est une admirable effigie de croisé du temps de saint Louis, avec l’arc, la lance et le bouclier. A Bahdîdat, il est représenté assis sur un cheval dont il tient la bride de la main gauche, tandis qu’il tient la main droite levée. Le cheval brun est dans une attitude de marche; quand à Théodore, assis de face, il porte des vêtements royaux et un manteau de guerrier. Il a la tête ovale couronnée de cheveux noirs et courts qui ne descendent pas plus bas que les épaules, laissant paraître les oreilles. Sa barbe est courte et taillée en pointe. Son nimbe est de couleur jaune, inscrit dan un cercle à deux lignes dont l’une noire et l’autre blanche.

Le corps de Théodore tranche sur un fond de couleur verte détérioré, à cause de l’humidité. A sa gauche, sur l’arrière fond, est un quart de cercle bariolé de larges ascendantes, de diverses couleurs ; il représente le bouclier que le guerrier martyr avait pour habitude de porter.

Dans l’angle, on voit une tendue vers le saint, elle lui fait signe avec deux doigts; c’est la Main divine qui lui vient en aide. Sous ses pieds, on aperçoit une tête dessinée mais détériorée, cela pouvait être d’un adversaire ou bien celle d’un personnage, qui reste d’une ancienne fresque cachée par la nouvelle. Directement au- dessous de la tête du cheval, on voit l’image d’un personnage de petite taille, barbu, et coiffé d’un turban noir. Il tend la main en un geste de supplication vers le saint, alors que son corps est caché par les deux pattes antérieures soulevées, du cheval.

Cette peinture est abîmée du côté est, par l’ouverture de la fenêtre pratiquée dans la paroi nord de l’église.

Sur le mur de droite, en face de l’image de Théodore, on voit l’image de saint Georges.

A Bahdîdat, il est représenté de face, monté sur son cheval blanc, tenant la lance de la main droite et la bride de la main gauche. Il est imberbe. Sa tête ovale, couronnée de cheveux noirs est nimbée. Les yeux sont complètement endommagés et les sourcils en forme d’arc sont récemment restaurés. Il porte une tunique et un manteau de guerrier richement décorés.
Né en Pamphylie. C’était un soldat chrétien, mort pour la foi au temps de Dioclétien vers l’an 304. Dans toutes les communautés chrétiennes, on lui a dédié des monastères et des églises. Dans l’iconographie, saint Georges fut adopté par les Croisés en Terre Sainte. Après par la prise d’Antioche, monté sur un cheval blanc, saint Georges serait venu avec les saints militaires Démétrius et Mercure au secours des Croisés et aurait mis les Sarrasins en fuite. Il passa dès lors pour modèle de toutes les vertus chevaleresques. Son culte fut introduit en Occident antérieurement au XII e siècle.

Au-dessous du cheval, et en bas, apparaît la fille du roi, on voit derrière elle la mer avec sa faune. Saint Georges, entoure de son bras gauche la taille d’un enfant qui porte dans sa main droite, un calice, et dans sa main gauche une aiguillère. Ce serait, selon la tradition, un enfant enlevé autrefois par les ennemis et que le saint aurait rendu à sa mère. Ce détail inconnu à l’art d’Occident s’inspire de l’iconographie byzantine.

Sur le mur de droite, en bas de l’image qui représente la Vierge de l’Annonciation, on voit celle de saint Etienne face à celle de Daniel le prophète; et son nom «estrangelo», de couleur blanche dans un nimbe. Etienne a la tête arrondie, la chevelure est tonsurée en forme de couronne, dans un nimbe de couleur jaune pâle inséré dans deux cadres contigus, et se détache sur un fond rongé par l’humidité. A côté de ces peintures on avait trouvé, autrefois, une grande fresque représentant la «Dormition» il n’en reste aujourd’hui aucune trace, mais on trouve sa description dans le rapport établi par Charles Diehl, et présenté à l’Académie des Inscriptions et des Belles lettres à Paris.

Restent les croix de lorraine qui figurent insérées dans des cadres rectangulaires, l’une sur les parois ouest de l’Eglise et les deux autres sur les parois sud et nord. Ces croix étaient cachées avant la restauration des fresques, puisqu’aucune des études antérieurement publiées, n’en fait mention.

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