Maison
des arts et de la culture: un projet en cours (Par Agenda
culturel no. 344 du 01 au 14 Avril 2009)
Les résultats
du concours international lancé pour la construction de la
Maison des arts et de la culture ont été annoncés.
Apres une première sélection de 388 projets, sur 757
inscriptions d'architectes venant de 63 pays, c'est Alberto Catalano
d'Italie qui a remporté le 1er prix, Beatriz Ramo Lopez de
Angulo des Pays-Bas le 2ème prix, et le 3ème prix
a été remis au bureau moscovite Project Meganom.
Les plans retenus
pour le projet Maison des arts et de la culture seront réalisés
dans la zone du centre-ville, quartier Ghalghoul, sur une parcelle
de 3 785 m2. Le programme architectural du centre comprend: un auditorium
de 800 places, une salle de spectacles polyvalente de 300 places,
une salle de cinéma de 200 places, des espaces d'exposition,
des salles de répétition, de cours et de production,
une médiathèque, une cinémathèque, des
bureaux et des espaces commerciaux. L'espace consacré à
la production artistique et culturelle devra totaliser 15 200 m2
de construction. La finalisation du projet est prevue pour
2013.
Membres
du jury: Momoyo Kaijima, architecte (Japon). Izaskun Chinchilla
Moreno, architecte (Espagne). Magda Mostapha, architecte (Egypte)
– rapporteur du jury: Okwui Enwezor, architecte (Nigeria) . Suha
Ozkan, architecte (Turquie) – Président du jury: Said Al
Barashdi, représentant du Sultanat d'Oman. Fréderic
Husseini, représentant du ministère de la Culture.
Assem Salam, représentant de l'Ordre des ingénieurs
et architectes du Liban. Angus Gavin, représentant de Solidere.
L'Agenda Culturel a demandé
à Georges Zouain, Gaia-Héritage, chargé par
le ministère de la Culture de concevoir et de piloter le
concours d'architecture, de nous expliquer pourquoi une Maison des
arts et de la culture était importante actuellement pour
Beyrouth.
Pourquoi
une Maison des arts et de la culture a Beyrouth?
Lorsque le Sultanat d'Oman
a offert de financer la construction d'un centre culturel à
Beyrouth, nous mettions les dernières touches au musée
national de Salalah. Nous avons alors été pressentis
pour contribuer à la conception de ce centre et, dès
le début, nous y avions vu le premier élément
d'une série d'équipements culturels que nous avions
imaginés dans une stratégie culturelle pour la ville
de Beyrouth. Cette stratégie, développée en
2005, aura ainsi servi de base à la définition du
concept de ce centre culturel que nous avons transformé en
la Maison des arts et de la culture: un incubateur de créativité
et des équipements mis aux services des artistes et de tout
le public libanais; une fenêtre de plus sur le monde pour
échanger et présenter l'art libanais.
Cette Maison
des arts et de la culture est un acte politique au sens le plus
noble du terme. Elle contribue à renforcer et à stimuler
ce que le Liban à de mieux à offrir et à sa
plus importante richesse: l'esprit et la création. En ce
sens, elle s'adresse d'abord aux jeunes et participe à la
recomposition positive du paysage social et culturel du pays. Elle
participera aussi certainement à la vie économique
de Beyrouth et des industries de la création qui ont toujours
donné au Liban son rôle international.
Cette Maison des arts devra oser entreprendre, être à
contre-courant et à la marge des discours traditionnels et
des conventions artistiques de la société libanaise.
Elle défrichera et ouvrira de nouveaux chemins et offrira
des opportunités nouvelles à un plus grand nombre
de jeunes créateurs sans toutefois chercher à remplacer
les initiatives privées qui continuent à éclore
et qui font que le Liban est actuellement dans les premiers rangs
de la créativité contemporaine. Mais il est des choses
que l'initiative privée ne peut pas entreprendre. Les grands
équipements culturels ont besoin de financements lourds et
doivent offrir un éventail de programmation complexe qui
s'adresse au plus grand nombre. La Maison des arts, avec sa gamme
de salles de spectacles, ses studios de formation et de production,
sa médiathèque et ses espaces d'exposition, assumera
la fonction de diffusion et de service public que le secteur public
ne peut maintenir sur le long terme.
La prochaine étape
de la Maison des arts va consister en la définition de son
programme culturel, de son mode fonctionnement, son statut, de son
cadre de personnel et aussi, particulièrement, en sa mise
en réseau avec les structures similaires dans le monde. Ceci
se fera en même temps que sa mise en réseau avec des
structures régionales capables de diffuser l'art et la créativité
dans tout le pays. L'art et la culture ne doivent plus rester l'apanage
de Beyrouth si nous voulons que le Liban renaisse, se recompose
et redevienne un des centres mondiaux de la créativité.
Beaucoup d'ambitions
pour une Maison des arts et de la culture, mais c'est la première
du pays et il faudra bien commencer quelque part pour que la jeunesse
du pays participe à son devenir. Comme le dit une poésie,
c'est en marchant que l'on trace son chemin.
Georges
S. Zouain – Gaia Heritage
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