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L’Evolution Artistique Libanaise par Joseph Sokhn Tome3, Couleurs Libanaise, Beyrouth

MOUSTAPHA FARROUKH Peintre 1900-1957

Si l’on veut comprendre le peintre; il est indispensable de connaître l’homme, son démarrage artistique et original, ainsi que les différentes étapes préparatoires dans sa marche vers la perfection. Plusieurs événements peuvent nous aider à voir clair dans la carrière et l’élan artistique de Moustapha Farroukh : Sa vie et son enfance, les voyages à l’étranger et l’adoption de différents genres de peinture dans ses toiles. Chez Farroukh qui marche dans la vie vers un but connu et défini (la peinture) toujours sur de lui-même, toujours à la recherche de la perfection, il est difficile de penser que son séjour à l’étranger eut été uniquement un passe-temps agréable. Au contraire, cet éminent artiste a placé sa vie sous le signe de la volonté et de l’esprit.

Notons également que l’irrésistible vocation de cet artiste apparut dès l’age de cinq ans. Son art est fait de beauté, de simplicité et d’originalité. C’est un portraitiste, un aquarelliste et un critique d’art.

Vie et enfance

Parmi les anciennes familles musulmanes beyrouthines les plus attachées à l’Islam, figure celle de Moustapha Farroukh. Ses parents habitaient Beyrouth depuis 1890, près de la place « Basta », en plein centre de ce quartier très mouvemente situé au cœur de la capitale. Toutes les qualités du peuple libanais on les retrouve, en quelque sorte, chez les Farroukh. La modestie, l’amour du prochain, la ténacité et l’amabilité. Nous retrouvons tout cela chez l’artiste, le critique d’art et le penseur, dont nous allons analyser les différentes étapes de sa vie.

Moustapha naquit donc à Beyrouth en 1900. Son père Mohamad Farroukh était un homme modeste, honnête et illettré. Mais il était très éveillé, bon causeur et sociable. Sa mère, Anisse, perdit son mari à la veille de la Première Guerre mondiale et dut travailler durement pour élever ses enfants et surtout leur assurer leur pain quotidien, surtout à une époque où le peuple libanais souffrait de la famine et de l’injustice.

Moustapha, le cadet de la famille, avait donc un respect et une affection toute particulière pour sa mère. A l’age de sept ans, il reçut sa première éducation et fit ses études primaires à l’école de Cheikh Joumha, puis un peu plus tard, il s’inscrivit a l’école de Taher Tannir à Basta ; parmi ses professeurs : le cheikh Moustapha Ghalaini.

En 1908, Moustapha Farroukh s’efforce d’exprimer sa future vocation de peintre en présentant à ses camarades et à ses professeurs un genre de dessin abstrait et figuratif. Son intelligence et ses tendances naturelles vers le dessin abstrait et figuratif. Son intelligence et ses tendances naturelles vers le dessin donnèrent à ses professeurs une haute idée de ses dons. C’est pourquoi, Taher Tannir, en 1912, fit paraître une revue scolaire « Al-Moussawer » et confia a Moustapha âgé de 12 ans, un travail particulier: La caricature des images et le dessin à l’encre de Chine, de quelques portraits. Toutefois, la mère de Moustapha Farroukh et les siens s’opposaient fortement à ce genre d’activité scolaire futile et contraire aux traditions du milieu familial. Par contre, d’autres amis et proches parents, lui conseillèrent de poursuivre sa vocation de peintre. En 1913, Farroukh commença par peindre quelques portraits notamment ceux de Moukhtar Beyhoum, de Haje Youssef Beydoun et de Selim Slam.

En 1916, Moustapha Farroukh sent un impérieux besoin de peindre sérieusement et d’arriver à une plus grande connaissance de son futur métier. Il peint beaucoup et parmi les portraits des hommes célèbres à l’époque, on peut citer celui de Habib Srour, son professeur et de Azmi Bey, le wali de Beyrouth.

Le chef de famille

En 1935, Moustapha Farroukh connut à Beyrouth une gracieuse jeune fille, Souraya Ahmed Tamim. Les Tamim sont des commerçants assez aisés et originaires de Ras-Beyrouth, et en même temps, très conservateurs. D’ailleurs, l’image de la future épouse de notre éminent peintre était déjà tracée dans son imagination depuis l’age de l’adolescence. Farroukh avait fort apprécié les qualités de cœur et d’esprit de Souraya Tamim et surtout de son bon sens et sa parfaite éducation. C’est pourquoi son mariage fut réussi. De cette union naquirent deux enfants : Hani et Hanaa. Parallèlement à sa vie familiale paisible et heureuse. Il fut un chef de famille d’un rare dévouement et d’une tendresse exemplaire.

Aperçu historique de l’art libanais

A l’historien, le Liban paraît depuis les âges les plus reculés comme un carrefour et une terre de rencontres et de communications. C’est pourquoi le vrai visage humain, artistique et culturel du Liban a été déterminé par sa situation géographique et sa beauté naturelle, il s’est trouvé également favorisé par l’association, dans un espace restreint, de la montagne et de la mer. Les vrais Libanais qu’ils soient artistes, poètes ou penseurs, sont ceux qui ont le goût de cette mer et de ce qu’elle représente. C’est la précisément où réside l’origine de l’art libanais et le passé glorieux de notre évolution culturelle et artistique.

Ainsi Moustapha Farroukh a voulu nous prouver dans un ouvrage intitule «L’art et la vie » que notre pays est le lien harmonieux de toutes les pensées qui y résident, et qu’il est le foyer par excellence des arts, des Lettres, de la poésie et de la musique.

Il serait donc injuste de ne pas perpétuer le souvenir de ceux qui ont joué un rôle particulièrement important dans la vie intellectuelle et artistique du Liban.

« Certes, nous dit Farroukh dans son ouvrage, le XVIIIème siècle fut riche en promesses et progrès pour notre pays. Animé d’aspirations inhabituelles et épris d’un idéal patriotique, chaque Libanais de la haute montagne avait tendance à la rêverie et à la poésie, il était naturellement porté vers l’art et la peinture. Parmi ces grands rêveurs, figure Abdallah Zakher originaire de Khonchara ».

Sous le chêne de Mar Youhanna

Le couvent de Saint-Jean est situé près de Dhour Choueir ; il donne sur une vallée plantée de pins et de saules pleureurs et entourée de collines verdoyantes. Or, chaque matin, Abdallah Zakher passait deux heures à contempler ce beau paysage le pinceau à la main, il dessinait sur une toile ou sur un morceau de bois, ce qu’il voyait. Ainsi les premiers tableaux représentant un panorama libanais sont nés à Khonchara. Notons également que Abdallah Zakher a inventé les premières lettres d’imprimerie au Liban, et il a par la suite, imprimé les psaumes de David.

A Ghazir

A Ghazir, non loin du littoral, s’élève sur une colline rocailleuse, une maison modeste et ancienne, c’est là où Kannan Dib vit le jour. Ce jeune peintre fut ébloui par la nature libanaise, nous dit Moustapha Farroukh, Kannan Dib ne tarda pas à dialoguer avec elle, en découvrant les beautés de nos sites, il aima par la suite, les toits, les arbres, les rochers, la verdure et enfin les portraits des saints et les clochers des églises. Parmi ses toiles, on note de beaux paysages inspirés de sites de son village natal Ghazir.

Le moine Youssef Semaan

Moustapha Farroukh découvre également un autre nouveau visage, un moine peintre. Si l’on trouve parfois au Liban des régions arides ou peu habitées, ce n’est certainement pas la région de Tamiche que nous offre cette image, mais bien au contraire, cette terre bénie ou fut construit par les moines libanais l’un des plus anciens couvents du Liban; celui de Tamiche est souvent magnifié par le moine poète et peintre Youssef Semaan. Ce jeune moine a laissé des toiles anciennes qui frappent par leur perfection formelle. Sa palette est celle d’un coloriste toujours ému par les vibrations de la lumière.

L’Empereur Guillaume II à Beyrouth

En 1850, l’Empereur Guillaume II visita Beyrouth. Cette visite impériale incita un jeune peintre libanais, Ibrahim Beyrouthy, à perpetuer le souvenir du passage du Kaiser allemand en nous laissant une toile unique de son genre, représentant le port de Beyrouth ainsi que la foule venue accueillir le Kaiser. Quant aux bateaux et aux chaloupes se trouvant dans le port, ils sont peints avec une rare sérénité. Déjà Beyrouthy avait tendance à exercer sa vision psychologique et exprimer les émotions de l’être humain. D’autres tableaux de ce jeune peintre du siècle dernier baignent dans une atmosphère romantique remarquable.

Un jeune peintre de Beyrouth

« Ali Jammal est né dans un quartier assez pauvre de la ville de Beyrouth. Son enfance mouvementée et sa sensibilité sont à l’origine de son style », nous déclare Moustapha Farroukh dans son livre « L’Art et la vie ». « Il avait des dons intellectuels brillants. Souvent le soir avant le coucher du soleil, Ali vagabondait en solitaire à travers les vieilles maisons de Beyrouth qui donnent sur la mer, explorait tout ce qui tombe sous sa vue, le coucher du soleil, la grotte aux pigeons, le vieux port, observait les pêcheurs à la ligne. Il lui arrivait souvent de dessiner sur les murs des ruelles de son quartier, des paysages et des portraits. Il était déjà considèré, le jeune peintre de Ras-Beyrouth. On garde encore dans certaines familles musulmanes de Basta, quelques rares toiles de ce peintre.

Trois visages libanais

Moustapha Farroukh nous offre une fois de plus la possibilité de connaître des caractéristiques et les meilleurs exemples des styles d’une époque de l’art libanais au XIXème et au XXème siecles. C’est pourquoi il écrit dans « L’Art et la Vie » ceci :

«Trois éminents peintres vivant dans une société relativement stable, se détachent ».
Et d’ajouter : « Au milieu du XIXème siecle, Daoud Corm s’embarqua pour l’Italie et fut à Rome, élève de l’Academie des Beaux-Arts étudiant avec Bompiani, peintre officiel. Il profita de son séjour pour faire le portrait du Pape Pie IX. Rentré au Liban, il remplit littéralement les églises et les couvents de ses peintures religieuses, par ailleurs il reçoit de nombreuses commandes de portraits. Celui de Moallem Boutros Boustany, conservé dans la famille du grand encyclopédiste et grammairien.

« Habib Srour vécut à Rome également en 1871, il trouva aussi le chemin de l’Académie des Beaux-Arts. Né en 1863, Habib Srour est originaire du Chouf; il devait, lui aussi, exécuter des portraits et peindre des scènes religieuses. Parmi ses élèves, figure l’auteur de « L’Art et la Vie ». Il fut, ajoute Farroukh, l’initiateur d’un certain nombre d’artistes libanais.

«Le troisième visage fut Khalil Salibi. Il étudia en France et en Amérique. Il a synthétise l’aventure libanaise. Né à Btalloum, il étudia la peinture en Angleterre, puis à Paris où il subit l’influence des impressionnistes.

«Il exposa à Chicago et épousa une Américaine. Il avait, ajoute Farroukh, un langage coloré et une franche brutalité. Sa palette est celle d’un coloriste toujours ému par les vibrations de la lumière. Ses portraits, ses nus d’après sa femme Cary font ressortir tout le velouté, toute la fraîcheur d’une peau de rousse. Malheureusement, affirme Farroukh, un conflit sur la propriété d’une source le dressa contre les hommes de son village qui le firent assassiner avec sa femme. Son art avait un cachet révolutionnaire ». Enfin Farroukh met l’accent sur l’Art libanais du siècle dernier en déclarent que l’évolution artistique libanaise de 1890 nous ouvrit la porte d’un monde secret où des êtres étrangers à notre humanité jouissent de plaisirs raffinés. Nos peintres de cette époque-là étaient obsédés par la conquête de la forme, de l’espace, de l’anatomie, du portrait et de la lumière. Ainsi, l’Art libanais du siècle dernier était la plus parfaite expression de la génération de 1900.

Le portraitiste

« Celui qui veut faire quelque chose de bon ou d’utile ne doit pas tabler sur l’approbation ou l’appréciation générale, ni la désirer, mais au contraire n’espérer de sympathie ou d’aide que de très rares cœurs, et encore de quelques-uns ». Cette phrase de Renan, n’a jamais quitté l’esprit de Farroukh. Il a toujours cultive l’art pour lui-même.

« La peinture, la peinture seule, sera ma raison d’exister », disait-il, dans son ouvrage « L’Art et la Vie ». Un champ immense s’offrit à lui, notamment dans le domaine du portrait. Il a toujours œuvré à la naissance d’une vision nouvelle, d’un art neuf. D’après lui, les meilleures peintures et les plus parfaites au point de vue technique, en les regardant de près, sont faites de couleurs l’une à cote de l’autre et produisent leur effet à une certaine distance. C’est pourquoi Moustapha Farroukh mettait dans ses portraits au service de la couleur un pinceau d’une remarquable spontanéité. On voit dans ses aquarelles et son « Vendeur de poissons » ou dans « Une Bédouine » la secrète signification d’une beauté toute naturelle. Les motifs de Farroukh sont pris dans certains quartiers de « Basta ». Ses portraits des « Cheikh » et des « Ulémas » sont très expressifs et c’est précisément ce monde particulier qui fait l’originalité de ses toiles.

Pour voir combien Farroukh peut rester attaché à son sujet, il suffit de visiter la demeure de son fils Hani qui est une véritable galerie, où l’on passe un bon moment à analyser et observer ses toiles et ses portraits. On voit le peintre, mais l’homme n’est plus de ce monde. Alors il suffit du moindre tableau de cet artiste pour pénétrer immédiatement dans son monde particulier.
Tout lui a réussi et il n’a jamais eu de vraies difficultés. En 1929, Moustapha Farroukh exposa à l’Université Américaine de Beyrouth, ses premières toiles. Il s’agissait d’un certain nombre de portraits d’hommes et de têtes de femmes. On a de lui à l’heure actuelle un magnifique portrait de son professeur italien, à la barbe garibaldienne, à la tête spirituelle de vieux romain à lunettes. Parmi les portraits les plus réussis, ceux du patriarche Mouchy et d’Elias Abou-Chabki ainsi que Mahmoud Bey Takieddine. Ses figures et ses portraits classent Farroukh parmi les plus fins et les plus habiles portraitistes libanais.

Farroukh à Rome

Le départ de Moustapha Farroukh à Rome en 1925 jouera un rôle considérable dans sa vie. Certes, son séjour à l’Academie Royale de Rome lui ouvre de nouveaux horizons qui l’éloignent petit a petit du cadre libanais. Signalons également que la fréquentation de l’atelier de Khalil Salibi et celui de Habib Srour par Farroukh à partir de 1916 jusqu’en 1921, fut le prélude de bons résultats notamment dans le domaine du portrait et de la couleur. Apres quatre années d’études à Rome, Moustapha Farroukh se fraya une voie personnelle. Il observa tout et regarda attentivement les toiles des grands maîtres de la peinture contemporaine. C’est surtout le portrait qui l’attire; n’est-ce pas cela que, sans le savoir, il est venu chercher à Rome, n’est-ce pas à la rencontre de ces toiles des grands artistes classiques qu’il est parti lorsqu’il a quitté le Liban?
Avec ses peintures de 1928, d’un style brillant et ferme, où sous un caractère décoratif, se cache un univers intérieur très personnel, Moustapha Farroukh apparaît déjà dans ses toiles exposées à Rome, maître de son art élégant. Il cherchait souvent dans ses portraits l’essence d’une objectivité, d’un naturel, d’une force. Ainsi le masque du visage de ses têtes paysannes, leurs regards et leurs traits, ne sont certes, qu’une description de l’évidente réalité. Parmi ses toiles d’Italie, le portrait de « Monseigneur Chédid », en témoignage de reconnaissance envers ce prélat qui l’aida à s’inscrire à l’Académie de Rome en 1925.

Farroukh à Paris

Pauvre de naissance, Moustapha Farroukh eut une enfance malheureuse. Ayant perdu son père à l’age de cinq ans, il fut obligé de gagner un peu d’argent quotidiennement, pour s’acheter des crayons de couleurs ou quelques fournitures scolaires. C’est pourquoi il était assez avare et ne dilapidait pas son argent.

A Paris, Moustapha Farroukh, étudia sérieusement les peintures du louvre. Apres son exposition au «Salon de Paris», la presse française fit son éloge et le grand public français et européen apprécia tout particulièrement ses portraits et ses paysages libanais.
Disons enfin que c’est surtout Paris, comme tous les artistes d’ailleurs, qui le séduisit et lui permit de découvrir ce qui se faisait en dehors du Liban, en matière d’art et de peinture. «Il est probable, constata-t-il, que le voyage d’Europe a marqué ma vie artistique pour le restant de ma vie.»

Farroukh en Espagne

Dès l’âge de dix ans, Moustapha Farroukh, rêvait d’évasion, de départs lointains au-delà de la Méditerranée. Sa mère, qui l’aimait à la folie, n’était pas de son avis, et notre peintre devait supplier les siens chaque fois qu’il avait l’intention de voyager. Toutefois, ceci ne l’empêcha pas d’entreprendre une série de voyages à l’étranger, il visita l’Italie, la France et enfin l’Espagne. Son séjour à Madrid lui permit de visiter et d’étudier les œuvres exposées dans les musées et l’aida à donner une charpente solide à ses portraits et à ses compositions. Son voyage en Espagne lui fut très utile sur-tout après sa visite a l’Andalousie où il admira l’art et l’architecture arabe ainsi que les galeries de Cordova et de Tolède.

A Beyrouth en 1932

Moustapha Farroukh revient définitivement à Beyrouth en 1932. Il prépare ses grandes expositions. Tout l’intéresse dans le spectacle que lui offraient les vieux souks de la capitale dont il subit le charme particulier. Parmi les principales expositions de Moustapha Farroukh en 1932, citons l’exposition qui eut lieu à l’Université Américaine et à l’Ecole des Arts et Métiers. Ces deux expositions donnèrent l’occasion au public libanais et étranger de constater combien le voyage peut avoir de l’importance dans la vie et l’œuvre d’un peintre. Parmi les œuvres exposées, les portraits de Habib Srour et de Azmi Bey.

Le professeur

A l’Université Américaine et à l’Ecole Normale de Beyrouth, Moustapha Farroukh se présente comme un vrai maître de l’Art du portrait et un éminent professeur de peinture. Il avait un pinceau magique et une créativité remarquable. La vie personnelle de l’être humain, son caractère, l’héroïsme et d’autres motifs, nous les retrouvons dans une très importante série de toiles de Moustapha Farroukh. Quant à la femme, il n’a pas peint de nus, il a consacré ses efforts dans les traits du visage et la forme des yeux (La Bedouine).

En 1948, Farroukh exposa plusieurs toiles à New York (Expositions Internationale).

En 1950, son nom figurait au « Whos-Whow ».

Le 16 février 1957, Moustapha Farroukh s’éteignit après une longue maladie. Il avait exécuté 2500 tableaux, vendus presque tous à l’étranger. Moustapha Farroukh, qui avait obtenu le Premier Prix du Président de la République (1955), était titulaire de l’Ordre National du Cèdre et du Mérite Libanais.

Il a écrit plusieurs ouvrages notamment :

«Histoire d’un homme du Liban».
«Voyage à travers le pays d’une gloire perdue».
«L’Art et la Vie».

Farroukh a donné plusieurs conférences au Cénacle Libanais sur la peinture contemporaine et l’Art Libanais classique et moderne.

La conception paysagiste de Farroukh

Moustapha Farroukh aimait particulièrement la haute montagne libanaise. Il connaissait tous les beaux sites du Kesrouan, du Liban Nord et du Metn. Quelques-unes de ses expositions constituèrent une vraie image de nos paysages sauvages et verdoyants. L’ensemble représentait une figuration à la fois robuste et délicate de la nature libanaise. Les motifs inspirés a Farroukh par les souvenirs qu’il garde de ses excursions à travers la montagne libanaise nous prouvent l’amour de cet artiste pour son pays, sa nature sauvage et immortelle (Le chemin de la fontaine).

Conclusion

Il y aura cinquante-six ans, en 1957, que Moustapha Farroukh rendait son dernier souffle, au milieu des siens qu’il aimait tant et face à cette Raouche qu’il avait si souvent magnifiée dans ses paysages. Depuis lors, bien que privée de son créateur, l’œuvre de notre éminent peintre, exposée au domicile de son fils Hani à Ras-Beyrouth, n’a pas cessé d’attirer les amateurs de peinture.

Après un quart de siècle, elle apparaît toujours comme l’une des expressions les plus attachantes de l’Art Libanais.

Farroukh lui-même est encore présent parmi nous. On croit le retrouver dans nos Ecoles Normales et à L’Université Libanaise dans trois autoportraits. Farroukh aurait été heureux qu’un choix particulièrement représentatif de ses toiles soit réuni, une fois encore, dans les galeries de la capitale. Farroukh est, sans conteste, un artiste doué, moderne et créateur qui a joué un rôle majeur dans le renouvellement des formes figuratives de la peinture libanaise.

Le Sud, le Kesrouan, le Metn et la Bekaa: quatre départements et plusieurs paysages au départ; mais une unité parfaite sur le chapitre de l’Art et du portrait en particulier. Or, plus que quiconque en notre pays aux multiples visages, Farroukh a possèdé l’âme du terroir, et lorsqu’on admire ses toiles aujourd’hui encore, on est conquis par ces paysages de montagnes et de forêts et surtout par ces portraits ou l’artiste exerce sa vision psychologique et exprime les émotions de l’être humain. C’est pourquoi cette activité créatrice avait pour point de départ une sensibilité et une vision particulièrement raffinées.

OMAR OUNSI Peintre 1901-1969

Tallat Al-Khayat est un coin de Beyrouth paisible et riant, situé à l’ouest de la capitale et qui domine la grotte aux pigeons et les plages sablonneuses de Khaldé. C’est la, précisément, que naquit en 1901 Omar Ounsi, au sein d’une famille distinguée et relativement aisée, appartenant à la communauté musulmane. Son grand-père était poète et son père, Abdel-Rahman Al-Ounsi, était un éminent chirurgien-dentiste.

Avec son sens inné du dessin, il laisse une œuvre artistique dont l’influence fut profonde. Omar Ounsi est connu par ses innovations dans les thèmes picturaux comme dans leur mode d’expression. Ses magnifiques toiles reflètent en outre, le courant d’optimisme qui, dans la seconde moitié du XXème siècle, animait les chercheurs de la peinture contemporaine libanaise. La sincérité de son art idéalisé contribue autant que son intuition créatrice, à en faire toute l’originalité et tout le charme.

La vie d’Omar Ounsi est marquée d’une touche de fantaisie. Il fait aujourd’hui partie des artistes libanais les plus populaires de l’ancienne école, tels Khalil Salibi, Moustapha Farroukh, Rachid Wehbé, Georges Corm et César Gemayel. Le grand public libanais et étranger l’aime. Il est le peintre passionné de la femme dans ce qu’elle a de plus beau. Tandis que les arbres, les sites libanais, les paysages naturels et sauvages, les fleurs sont pour lui des thèmes vivants et poétiques.

Omar Ounsi et Khalil Salibi

En 1919, les parents d’Omar Ounsi l’inscrivent à l’Université Américaine de Beyrouth en première année de médecine, mais ce n’était pas sa vocation. En effet, l’amicale des étudiants avait publié à l’époque, une revue hebdomadaire avec quelques dessins et paysages portant la signature d’Omar Ounsi; la revue tomba par pur hasard entre les mains de l’éminent peintre Khalil Salibi qui habitait près de l’Université Américaine. Il fut frappé par la grâce et la beauté des traits de ces quelques tableaux d’Omar Ounsi. Il fait sa connaissance et l’invite à visiter son atelier. Cette première visite d’Omar Ounsi à l’atelier de Salibi devait décider de sa carrière. L’étudiant en médecine découvre un monde nouveau et se sent attiré vers l’art de la peinture. Il est entraîné vers une ambiance enchantée qui l’éloigne de la médecine et du joug familial. C’est ainsi qu’il débuta en peinture en rejetant en son for intérieur les paroles de son futur patron Khalil Salibi:

«Tu n’es pas fait pour être médecin, mon cher Omar, tu es né pour être peintre.»

Signalons à cette occasion que Khalil Salibi avait adopté la même attitude avec Cesar Gemayel qui était à l’époque en première année de pharmacie; il réussit à le convaincre de s’orienter vers l’art pictural.

Au foyer familial

Les parents d’Omar Ounsi se demandaient souvent, si leur fils ne négligeait pas trop les études de la médecine, car il existait chez leurs fils, un goût extraordinaire pour le dessin qui l’éloignait de l’université. «Comment, disait son père, pourra-t-il devenir un médecin respecté s’occupant sérieusement de ses malades, faisant honneur à sa famille?».

Mais Omar après sa rencontre avec Salibi ne manifesta plus d’inclination pour aucune carrière libérale particulière. Il rêvait à la peinture et souvent il fuyait la prière du vendredi à la mosquée pour se rendre à l’atelier de Khalil Salibi. Sa passion, son obsession à affirmer ses projets d’avenir, son intuition créatrice, l’art de mener une conversation avec les siens au sujet des grands artistes et portraitistes, voilà autant de raisons qui militèrent en faveur de son succès. On l’aimait pour sa franchise, son calme et sa concentration dans le travail, son respect de celui des autres.

Sa vocation artistique

«Le talent se développe à partir d’un sentiment d’amour pour le travail, il est même possible que le talent ne soit dans sa nature profonde que l’amour pour le travail.»

Ces paroles de Khalil Salibi, Omar Ounsi, se les rappelait chaque fois qu’il pensait à son avenir artistique, à sa route difficile dans le domaine de l’art, à sa persévérance, à son amour pour le dessin qui lui a permis, plus tard, de trouver sa place dans la vie, d’affirmer son talent de peintre.
Le 22 juin 1922, Omar Ounsi part pour Amman chez son cousin qui était le chef du protocole du Palais Royal. Son séjour à Amman lui permit d’être présenté au roi Abdallah. Ce dernier, frappé par son intelligence et ses dons exceptionnels le nomma comme professeur d’anglais au Palais. Parmi ses élèves, le Prince Tallal, père du roi Hussein. La Jordanie lui plait, décidément. Ainsi, de plus en plus, la vie parait à Omar délicieuse. L’atmosphère d’Amman et celle du désert lui sont très profitables. Il oublie définitivement la médecine et se consacre à la peinture et à partir de ce moment il se sent revivre. Il répétait souvent a son cousin : «Est-ce que la vie peut-être si riche, si merveilleuse, offrir tant de joies faciles? Est-il possible que je puisse un jour exposer mes toiles dans les salons des grandes capitales internationales?»

Certes, il y avait beaucoup d’obstacles à surmonter, et de nombreuses déceptions l’attendaient. C’est pourquoi, Amman et le désert eurent une influence marquante sur son avenir artistique et sur sa vocation d’éminent portraitiste. Dès ses premières tentatives créatrices et ses premiers portraits (une bédouine), on ressentait nettement l’originalité de ses tableaux. Les thèmes inspirés du désert étaient un matériel familier, certaines toiles même furent vivement appréciés par le Palais du roi Abdallah. On retrouvait la couleur du sable dans tous ses tableaux.

A Paris

En 1927, Omar Ounsi quitta Amman et se rendit à Paris. Son existence dans la capitale française fut plus mouvementée qu’elle ne l’était à Amman. Il fit la connaissance du sculpteur Youssef Hoyek avec qui il réussit à découvrir les richesses artistiques de l’Occident. Omar, bien entendu, se rendait au Louvre presque quotidiennement ; là il s’arrêtait longuement devant les toiles classiques et les nus. Il prend contact avec les grands peintres parisiens et les impressionnistes. Il commence à travailler alors à la grande toile de sa période parisienne. Il découvre également la peinture claire, étudie Delacroix et Monticelli, Cézanne et Renoir, puis il se livre à toutes les expériences picturales. La couleur commence à triompher sur ses toiles. Durant son séjour à Paris, Omar Ounsi continua à expérimenter, pinceau en main, tous les procédés, toutes les techniques que les peintres de Paris lui proposent. Il peint sur les bords de la Seine que hantent les impressionnistes. Malgré les influences nombreuses et diverses qui s’exercent sur lui, il reste lui-même et en adopte à sa propre personnalité les leçons. Enfin, Omar Ounsi comprend que Paris ne peut pas être un but pour lui malgré son attachement à une gracieuse jeune fille, Emma, qui devait devenir sa première femme.

A Beyrouth

En 1930, Omar Ounsi est déjà las de Paris. La nostalgie du soleil, où la couleur a toute sa splendeur, l’incite à rentrer à Beyrouth, son vieux Beyrouth et surtout a Tallat Al-Khayat. Cette nostalgie se manifeste dans ses toiles les plus célèbres (La plage Khaldé), (Les dattiers de Ain-Mraissé), et (Les champs de cactus). Il ne cessa de peindre tout ce qu’il rencontrait au vieux souk, au bord de la mer, et en montagne. En un mot, pour embrasser tout, Omar Ounsi peint et dessine tout ce qui tombe sous ses yeux, ne s’arrête pas de jouer le rouge, le gris, le sable, la couleur chair. Il peint aussi des fleurs, des natures mortes, des têtes de paysans et surtout des nus.

En 1933, Emma, sa bien-aimée, le poursuit à Beyrouth. Elle était follement amoureuse de lui. Elle devient sa femme; ainsi son rêve le plus cher se réalise sous le ciel du Liban.

Malheureusement, après deux ans de vie conjugale parfaite, Emma décédé subitement laissant un grand vide chez l’artiste. Il peint alors des toiles où la mélancolie triomphe partout, car la disparition d’Emma lui inspire une série de tableaux qui touchent parfaitement la masse.
En 1938, Omar Ounsi expose à Zeitouné une trentaine de toiles qui furent particulièrement appréciées par le grand public libanais et étranger (Des portraits, des fleurs, des paysages). Parmi les amateurs d’art qui se rendirent a Zeitouné le jour du vernissage, une gracieuse jeune Alsacienne, professeur au Collège Protestant, Marie Bohère. Elle choisit une toile représentant un bouquet de roses et félicita chaleureusement le peintre. Omar Ounsi la remercie et élabore toute une stratégie amoureuse pour l’amener à lui et provoquer chez elle la naissance de quelque chose de nouveau. Ainsi, après plusieurs rencontres avec Marie, il lui ouvre son cœur et lui propose le mariage. Cette aventure amoureuse dura trente ans, car Marie accepte de l’épouser en 1939. Elle demeure auprès de son mari jusqu’en 1969, l’année de sa mort. Elle joua un rôle particulièrement efficace dans la vie de notre éminent peintre. Les meilleures toiles et les tableaux les plus fascinants d’Omar Onsi sont le fruit de cette vie à deux, si riche et si paisible. Malheureusement, ils n’ont pas eu d’enfants ce qui ne diminua nullement l’intensité de leur vie amoureuse. Bien au contraire Madame Ounsi demeura l’épouse idéale et l’amante fidèle jusqu’au dernier jour de l’existence de son mari.

En 1966, le gouvernement lui décerna le Mérite Libanais pour les nombreux services qu’elle a rendus à la jeunesse du Liban. Elle a aujourd’hui quatre-vingt huit ans. Elle vit à Strasbourg en compagnie, des meilleures toiles de son regretté époux.

Les expositions d’Omar Ounsi

La première exposition d’Omar Ounsi eut lieu à Jerusalem en 1927. Elle englobait trente peintures et des aquarelles.

Il exposa, ensuite, en Suisse en 1932 et en 1933, en Allemagne (50 peintures et aquarelles).
En 1935, on découvre Ounsi à Madrid (Portraits, nus, fleurs).

En 1938, il se rendit en Italie, visita Rome, le Vatican, Florence et Venise, et exposa quarante-cinq peintures (Natures mortes, portraits de femmes et des aquarelles).

Les meilleures toiles d’Omar Ounsi furent exposées en 1964 à la Galerie One, à Beyrouth. Les couleurs qu’il a utilisées se réduisent à des nuances de tons neutres, il attacha beaucoup d’importance à la réalité des impressions visuelles. Dans (La danse de la dabké), une magnifique toile offerte à l’Ecole Militaire de Fayadieh, on remarque l’attachement de l’artiste aux traditions villageoises libanaises. Il a choisi ce motif à Hrajel (Kesrouan), la veille de la fête de l’Assomption. On y découvre cette puissance d’originalité et de technique toujours recherchée et si peu rencontrée dans les œuvres que nous montre la génération présentement connue. Une seconde toile, (Un bateau Phénicien) qui se trouve au Palais de l’Unesco à Beyrouth, rappelle l’activité des Phéniciens et leur attachement à la mer et aux voyages. Enfin, une troisième toile, (L’ancien Beyrouth) et son vieux port exprime toute la richesse et la spontanéité de la vie de l’Homme en général, ainsi que la misère et les drames humains. Le mélange et l’affinité des couleurs, notamment le rouge, couleur sans limites et chaude ont prouvé que la vie de l’artiste à l’époque, était agitée et débordante. Notons à cette occasion qu’Omar Ounsi est un homme qui regarde autour de lui, près de lui, qui ressent une ivresse au spectacle déployé et qui voudrait faire passer la sensation de cette ivresse sur l’espace restreint d’une toile.

L’atelier d’Omar Ounsi

En 1954, un jeune peintre kesrouanais, Joseph Mattar, qui est dans la plénitude de ses forces créatrices et foisonne de nouveaux projets, vint trouver Omar Ounsi et lui expose ses théories et ses projets d’avenir concernant la peinture. Ounsi accueille Mattar avec bienveillance. Il lui ouvre son atelier et maintient avec lui des relations aussi étroites que possible. De son coté, Joseph Mattar va fréquemment rendre visite à son grand maître et ami. Il trouve auprès de lui ce qui lui est plus que jamais nécessaire: un appui moral et une technique artistique. En effet, le lyrisme de Mattar, son intuition créatrice et son pinceau magique ont incité Omar Ounsi à mieux étudier son évolution artistique. Il lui répétait souvent cette phrase : «L’artiste ne note pas ses émotions comme l’oiseau module ses sons, il compose». Ainsi, Joseph Mattar, grâce à l’école d’Omar Ounsi, s’engage sur la voie qu’il sait être la sienne désormais. Il écoute, ne manifeste aucune mauvaise volonté et se range aux avis exprimés par son ami. Il s’agissait du symbolisme pictural qui met l’accent sur la valeur décorative du tableau. L’avenir s’est éclairci. Joseph Mattar est heureux. Il demeura fidèle à son maître durant quinze ans, jusqu'à sa dernière heure.

Sa maladie

«Durant ses dernières semaines d’existence, nous dit Joseph Mattar, Ounsi a souffert atrocement. Sa santé de plus en plus chancelante, accroît son incapacité à demeurer longtemps actif ; les crises se succèdent durant deux ans. En 1967, il subit une première opération à l’estomac. Il parvient a récupérer ses forces, mais pas pour longtemps. Il essaie de lutter et bientôt il comprend que le meilleur parti pour lui est de déserter définitivement son atelier. Le 3 juin 1969, Omar Ounsi est terrassé, en pleine rue, par une crise aigue. Il s’écroula d’une masse et son épouse, qui n’avait jamais cessé de l’aimer ne peut que constater son décès.»

Le souvenir d’Omar Ounsi

Evoquant le souvenir d’Omar Ounsi, son grand ami, le peintre Joseph Mattar, nous dit notamment:

«Omar Ounsi n’existe qu’en fonction de ses pinceaux. Il était sincèrement attaché à la terre libanaise. Il aimait tous les paysages libanais d’une fièvre magique. Il a imprimé un rythme à ses toiles, leurs couleurs éclatent, atteignent une incroyable intensité. Ses nus et ses aquarelles sont les tableaux les plus fortement réalisés. On parle de lui, à l’époque actuelle dans les ateliers parisiens et internationaux. Le Kesrouan l’enchantait beaucoup. Souvent, ajoute Joseph Mattar, en dépit du mauvais temps, il recommençait avec moi ses promenades dans la compagne Kesrouanaise. Une fois de plus, notre grand maître confronte ce qu’il a appris avec ces paysages qui, d’année en année, il pénètre plus intimement. Nous découvrions ensemble, ces bords de rivière, ces forêts de pins, ces prairies verdoyants, ces molles collines, où tout est douceur, eaux nonchalantes, reflet, poudroiement de lumière, mariage des couleurs. En un mot, ce sont des paysages typiquement libanais qu’il choisit. Il aimait le sens du secret, la méditative lenteur. On peut dire enfin que l’œuvre d’Omar Ounsi, qui embrasse différents genres de peinture : «Portraits, paysages, nus, fleurs, composition», est particulièrement agréable et personnelle».

Et d’ajouter:

« Omar Ounsi avait un sourire significatif et naturel, d’une bonté et d’une amabilité rares, très spirituel et très actif. Il ne fréquentait pas les cafés-trottoirs de Paris et de Beyrouth (Hamra) et n’aimait pas la lecture des journaux, ni les films de cinéma. C’était un profond méditatif. Il aimait la beauté ainsi que la terre et les montagnes du Liban. Omar Ounsi était titulaire de la Médaille de l’Instruction, du Mérite Libanais, du Prix de l’Education Nationale et d’autres distinctions honorifiques.

«Omar Ounsi laisse un peu plus de deux cents toiles, aquarelles, portraits et natures mortes ».

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