Bible
& Phoenicia Code - Mourane: Je dédie ce livre aux artisans
de la Bible, nos ancêtres les Phéniciens ; ils sont
les pères du peuple maronite fondateur du Liban actuel mais
aussi son martyr. SUITE
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MOURANE
Bible
et Anges
Les
anges peuplent l'Ancien Testament et disparaissent après
l'Annonciation. La genèse ne spécifie pas le moment
de leur création:
Genèse
2 / 1 Ils sont achevés, les ciels, la terre et toute leur
milice.
Genèse 3 / 24 Il expulse le glébeux et fait demeurer
au levant du jardin d’‘Édèn les Keroubîm et
la flamme de l’épée tournoyante pour garder la route
de l’arbre de vie.
Dans
les deux versions la notion de l'armée du ciel et des chérubins
advient après la création de l'homme.
Il
y avait un besoin de personnel pour actionner la machinerie de la
voûte céleste, déplacer les nuages, ouvrir les
outres de la pluie, les mâchicoulis pour embraser Sodome,
donner une signalétique par les étoiles filantes,
régler les mouvements des astres, dresser l'échelle
de Jacob, garer les chars d’Élie et d’Ezéchiel sans
compter les travaux des champs dans le jardin de l'Eden. Tout ceci
s'effectuait en temps de paix, faudrait-il voir l'agitation en temps
de guerre, sainte guerre !
Bien
entendu, l’homme a imaginé un fonctionnement du royaume céleste
à l’image de l'administration terrestre et, sans transition,
il a hiérarchisé les anges d'après les tâches
auxquelles ils étaient affectés : anges gardiens,
Sabaot des armées, anges messagers, archanges, chérubins
et séraphins représentent les différentes castes.
Ils avaient leurs signes distinctifs par le nombre d’ailes ou de
faces.
Ezéchiel
1 / 6. Quatre faces à l’un, quatre ailes à l’un, pour
eux…
Sourate 35 : FATIR (LE CREATEUR)
1 Louange à Allah, Créateur des cieux et de la terre,
qui a fait des Anges des messagers dotés de deux, trois,
ou quatre ailes….
On
doit au théologien phénicien, Sanchoniathon, la description
des chérubins « quatre yeux, dont deux placés
à la face et deux à la partie postérieure,
deux de ces yeux étaient à demi fermés; aux
épaules quatre ailes dont deux levées comme pour le
vol, et deux abaissées ». La signification de cette
allégorie pour ce qui concerne les yeux est qu’il voit quoique
endormi, et qu'il dort quoique éveillé ; les ailes
avaient le même sens symbolique : le dieu prend son essor
quoiqu'en repos, et se repose bien qu'il vole.
Le grand architecte Hiram de Tyr s'inspira de cette mythologie pour
réaliser les dix bassins de bronze qui servaient à
l'ablution devant le temple de Salomon.
1
Rois 7 / 29. Sur les bordures, entre les imbrications, des lions,
des bovins, des keroubîm; et sur les échelons, une
assise, en haut. Sous les lions et les bovins, des guirlandes oeuvrées
en revêtements.
30. Quatre roues de bronze par assise, avec des essieux de bronze….
33. L’ouvrage des roues est comme l’ouvrage de la roue d’un chariot.
Leurs tenons, leurs saillies, leurs tringles et leurs essieux sont
tous coulés.
Ce
créateur futuriste a conçu ces bassins en soucoupes
reposant sur quatre roues alors qu’aucun char n'était métallique,
de forme sphérique, sans attelage et nul bassin n’était
muni de roues pour être mobile ; ceci inspirait simplement
une dynamique. Cette conception fut d'un grand secours pour Ezéchiel
dont la vision était particulièrement analogue.
Ézéchiel
1 / 10. Leurs faces ressemblent à des faces d’humain; des
faces de lion vers la droite pour les quatre; des faces de bœuf
à gauche pour les quatre; et des faces de vautour pour les
quatre.
19.
Quand les Vivants vont, les rouages vont avec eux. Quand les Vivants
se soulèvent au-dessus de la terre, les rouages se soulèvent.
Quatre
siècles plus tard, Ezéchiel vit donc le bassin de
Hiram en mouvement, mû par la puissance de Yahvé. L'analogie
est stupéfiante de précision : de forme hémisphérique
en métal, conçu à la manière d'un char
reposant sur quatre roues imposantes surmontées de la même
décoration.
Par scrupule, on doit préciser que Hiram ayant fait deux
chérubins diamétralement opposés, du premier
vu de face, on distinguait le visage humain ; vu de dos, le deuxième
présentait ses ailes à l'image d'un aigle. À
se demander lequel des deux était le plus inspiré.
L'apogée de cette parade est magnifié par la présence
de Yahvé Sabaot, la dynamique vivante. Il est tout de même
étonnant que le tout-puissant ait besoin d'une telle escorte
rapprochée pour sa protection.
Le christianisme retient l'attribution des quatre faces du chérubin
aux évangélistes canons : l'ange pour Mathieu, le
lion pour Marc, le taureau pour Luc et l'aigle pour Jean qui reprend
ces allégories dans l'apocalypse.
Dans la mentalité mésopotamienne, ces êtres
immaculés, insaisissables bravant le temps et l'espace, auraient
été facilement confondus avec les demi-dieux et les
géants légendaires : les Néphilim.
La disparition insidieuse des anges est concomitante à celle
du diable. De nos jours, rares sont les personnes possédées
et sur la plupart des manifestations étranges, il est mis
des étiquettes de maladies, de phénomènes physiques
ou de procédés chimiques.
Le
sexe des anges
Ces
êtres intemporels ont intrigué les grands doctes par
leur nature hermaphrodite et leur statut intermédiaire entre
l’humain et le divin. La question a pris une telle ampleur qu'un
concile à Byzance leur a été consacré
dont les diatribes stériles sont restées célèbres.
Les corps constitués de l'armée de Dieu, ces guerriers
de l'excellence ne pouvaient être que mâles, c'était
l’argument principal de ces joutes. Le problème est tranché
dans les évangiles apocryphes, les femmes ne pouvant accéder
au paradis, par conséquent les anges étaient masculins.
Évangile
de Thomas
118. Simon Pierre leur dit : que Marie sorte de parmi nous, car
les femmes ne sont pas dignes de la vie !
-- Jésus dit : voici ; moi, je l'attirerai pour que je la
rende mâle afin qu'elle aussi devienne un esprit vivant pareil
à vous, les mâles ! Car toute femme qui sera faite
mâle entrera dans le royaume des cieux.
Le
Coran n'est pas en demeure à leur sujet, il s'offusque d'attribuer
à Dieu la paternité d'anges féminins.
Sourate
37 : SAFFAT
149. Pose-leur donc la question : “Ton Seigneur aurait-Il des filles
et eux des fils?
150. Ou bien avons-Nous créé des Anges de sexe féminin,
et en sont-ils témoins? ”.
153. Aurait-Il choisi des filles de préférence à
des fils ?
Sourate 43 : AZZUKHRUF (L'ORNEMENT)
19. Et ils firent des Anges qui sont les serviteurs du Tout Miséricordieux
des [êtres] féminins! Etaient-ils témoins de
leur création ? Leur témoignage sera alors inscrit;
et ils seront interrogés.
Langues
de feu
Les
anges, ces créatures ailées se déplacent par
la voie des airs et hantent toutes les mythologies. Les Psaumes
proposent leur création à partir du feu flamboyant.
PSAUMES
104 / 4 Il fait des souffles ses messagers; ses officiants, d’un
feu flamboyant.
L'idée
est partagée par le Coran qui y ajoute une catégorie
d'esprits : les djinns ou génies qui sont également
créés à partir du feu, ils vont sous terre
et même sous l'eau. Cette dernière espèce est
asservie à la construction du Temple de Jérusalem.
Sourate
55 :AR-RAHMAN (Le Miséricordieux)
15. et Il a créé les djinns de la flamme d'un feu
sans fumée;
Sourate 38 : SAD
37. De même que les diables, bâtisseurs et plongeurs
de toutes sortes.
On
peut classer dans cette catégorie la Sagesse comme être
créé depuis l'éternité avant toute création.
On doit sa personnification à Salomon, elle fait foi avec
le livre de la sagesse comme principe religieux de factions ésotériques
issues de l'islam tels que les Druses.
Proverbes
8 (La sagesse crie) 22 IHVH-Adonaï m’a acquise en tête
de sa route, avant ses oeuvres, dès lors.
23. En pérennité, j’ai été ointe, en
tête, aux antériorités de la terre.
Pour
illustrer les différentes fonctions des anges il est intéressant
de se pencher sur cet extrait lyrique du Livre de JOB
Premier
discours : fonctionnement de la voûte céleste !
Chapitre
38
La
réponse de IHVH-Adonaï
1.
IHVH-Adonaï répond à Iob, de la tempête,
et dit:
2. Quel est celui qui enténèbre le conseil, aux mots
sans pénétration ?
3. Ceins donc tes lombes, comme un homme. Je te questionne: fais-moi
pénétrer.
4. Où étais-tu quand j’ai fondé la terre ?
Rapporte-le, si tu pénètres le discernement !
5. Qui a fixé ses mesures ? Le pénètres-tu
? Qui a tendu sur elle le cordeau ?
6. Dans quoi ses socles furent-ils enfoncés ? Qui a tiré
sa pierre d’angle,
7. quand les étoiles du matin jubilaient ensemble, aux ovations
de tous les fils d’Elohîms ?
8. Qui clôtura la mer à deux portails, quand, en son
déferlement, elle sortit de la matrice;
9. quand je lui impartis la nuée pour vêtement, et
pour lange le brouillard ?
10. Je la brisai par ma loi et lui mis un verrou, des portails.
11. Je dis: « Viens jusqu’ici, ne continue pas !
Ici s’arrête le génie de tes vagues ! »
12. As-tu, en tes jours, donné des ordres au matin ? As-tu
fait connaître son lieu à l’aube,
13. pour saisir les ailes de la terre et y berner les criminels
?
14. Elle se transforme comme l’argile sous un sceau, et ils surgissent
comme dans un vêtement.
15. Mais leur lumière est interdite aux criminels; le bras
levé est brisé.
16. Es-tu venu jusqu’aux enfonçures de la mer ? As-tu cheminé
dans les arcanes de l’abîme ?
17. Se sont-elles découvertes à toi, les portes de
la mort ? Vois-tu les portes de l’ombremort ?
18. Discernes-tu jusqu’aux immensités de la terre ? Rapporte,
si tu la pénètres toute.
19. Sur quelle route demeure la lumière ? La ténèbre,
où est son lieu,
20. pour que tu les prennes à leur frontière, et discernes
les chemins de leur maison ?
21. Tu le sais; oui, tu étais né alors ! Il est grand,
le nombre de tes jours ! Qui souffle le simoun ?
22.
As-tu accédé aux réserves de neige ? Vois-tu
les réserves de grêle
23. que j’épargne pour les temps de détresse,
pour le jour de la mêlée et de la guerre ?
24. Où est la route qui distribue la lumière, qui
souffle le simoun sur la terre ?
25. Qui fend le canal des inondations, la routes des voies de l’éclair,
26. pour faire pleuvoir sur une terre sans homme, sur un désert
sans humain;
27. pour rassasier l’anéantissement, le néant,
et faire germer la sortie du gazon ?
28. A-t-elle un père, la pluie ? Ou qui enfante les gouttelettes
de la rosée ?
29. Du ventre de qui sort la glace ? Le givre des ciels, qui l’enfante
?
30. Les eaux se dissimulent sous l’apparence de la pierre, prises
sur les faces de l’abîme.
La
provende du corbeau
31.
As-tu lié les banderoles de la Pléiade ? Ou dénoué
les drisses d’Orion ?
32. Fais-tu sortir à temps les constellations ? Réconfortes-tu
l’Ourse avec ses fils ?
33. Pénètres-tu les lois des ciels ? Mets-tu leur
influence sur terre ?
34. Élèves-tu ta voix dans la nébulosité,
pour que le déferlement des eaux te couvre ?
35. Lances-tu les éclairs et vont-ils ? Te disent-ils: «
Nous voici » ?
36. Qui impartit la sagesse aux ibis ? Ou qui donne le discernement
au coq ?
37. Qui raconte l’éther avec sagesse ? Qui incline les outres
des ciels,
38. et coule la poussière en solide, quand les mottes se
collent ?
39. Chasses-tu la proie pour le lion ? Assouvis-tu l’animalité
des lionceaux,
40. quand ils s’accroupissent dans les repaires, se tapissent dans
le fourré, aux aguets ?
41. Qui prépare la provende du corbeau, quand ses petits
appellent Él et vaguent sans nourriture ?
Bible
& Christ
La
théogamie ou l'union d’un être céleste à
une personne humaine était très admise en Orient où
elle engendrait les demi-dieux. Cette notion est clairement esquissée
par la Bible à la veille du déluge,
Genèse
6 / 6 … quand les fils des Elohîms viennent vers les filles
du glébeux, elles enfantent pour eux.
Ceci
préparait sans encombre la naissance d’Emmanuel, fils d’EL,
dans la mentalité régnante à l’époque.
Le Christ fut une grande déception pour les juifs, cette
image de modestie, de dépouillement et de désolation
était loin d’une venue en éclat et en majesté
face à César.
Avec ce rabbin dissident, on revint à l'image première
d'Abraham, le père fondateur et le berger par excellence.
Après les fastes de Joseph grand Ministre de Pharaon, de
Moïse prince royal d'Égypte et la splendeur légendaire
de Salomon gendre de pharaon, on opère un retour aux sources
humbles et modestes. En fait, la mission de Moïse ne s'est
accomplie qu'en redevenant le berger de son peuple à travers
le désert figurant ainsi le destin d'Abraham. De cette manière,
Emmanuel se présente à l'opposé de Yahvé
Sabaot, Dieu des armées, Dieu guerrier, coléreux,
jaloux et vengeur, il substitue le pardon à la loi du talion.
Certes, l'Évangile lui attribue des pouvoirs surnaturels
mais son visage demeure humain loin des descriptions glorieuses
de Yahvé.
Avec le Christ, on atteint le summum de la sublimation et de la
transfiguration, c'est la rupture totale avec le culte matériel.
Il a affranchi la Bible des contraintes du culte, du temple, du
sabbat, de Jérusalem, de la circoncision, de la discrimination
envers les pêcheurs, les femmes et les esclaves. Il abolit
les préceptes de la polygamie, du racisme, du peuple élu,
de l'histoire, de la géographie, du pouvoir et de l'argent.
Il a réduit la loi ancienne à un seul commandement
: l'amour, Dieu est amour. Il a spolié son judaïsme
par l’ouverture de sa vocation à l'humanité entière
sans ségrégation.
Emmanuel
Jésus-Christ
ISAIE
7 / 14. Aussi Adonaï, lui, vous donnera un signe. Voici, la
nubile sera grosse; elle enfantera un fils. Elle criera son nom:
‘Imanou-Él, « Él-avec-nous ».
Matthieu 1 / 23. « Voici, la nubile aura dans son ventre et
enfantera un fils. Ils crieront son nom: ‘Imanou Él »,
qui s’interprète: « Él avec nous ».
Le
Christ libère l'homme de l'attente du bonheur dans l'au-delà
; le bien-être est en nous : fais à ton proche ce que
tu fais à toi-même.
L'eucharistie tient à séparer le corps du sang à
la manière du sacrifice cascher, mais le Christ exorcise
cette tradition par la consommation du sang. Il est la pierre d'angle
du PHŒNICIA CODE, par lui s'accomplit le culte d'EL. Il est annoncé
dans l'Ancien Testament sous le nom d’Emmanu-EL : avec nous EL,
parmi nous EL. C'est la troisième personne de la Trinité
qui complète la triade du PHŒNICIA CODE :
*De par son nom phénicien Emmanuel, EL avec nous.
* De par sa naissance, il est fils d’EL, Dieu le père dans
la triade phénicienne.
*Il est le Messie, le « oint » à l'huile, rituel
du culte d’Echmoun à Sidon.
* Il abolit la circoncision qui n'était pas une pratique
phénicienne.
*Il instaure le baptême pour tous. Purifiant ainsi la femme,
il lui ouvre la voie du sacerdoce et du paradis. En Phénicie,
hommes et femmes se purifiaient à l'eau avant la prière.
*Par son sacrifice, il incarne le destin d'Isaac qui devait être
immoler à la phénicienne. Parmi toutes les religions
de l'époque, la Phénicie se singularisait par le sacrifice
humain. Cette mémoire est perpétuée dans le
sacrement eucharistique.
* Pour offrande, il consacre le pain et le vin à la phénicienne.
*Sur la croix il interpelle son père EL : ELi, Eli lama sabaqtani
? Mon EL, mon EL, pourquoi m'as-tu abandonné ?
*Par sa résurrection au troisième jour, il retrace
le parcours d'Adonis.
Le Christ est indéniablement le personnage central des religions
déistes. Il est le cœur de la révélation. L'Ancien
Testament parle de lui au futur et le Coran au passé. Emmanuel
est l'être le plus étrange de l'aventure divine parmi
les hommes. Emmanuel est avec nous, parmi nous et en nous. C'est
la charnière entre la promesse de Dieu et le salut de l'homme
et le passage de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem
céleste.
L'Ancien Testament a prêché son événement,
l'Évangile a témoigné de son avènement
ce qui semble boucler la boucle. A sa mort, il dit clairement que
l'écriture s'est accomplie, ce détail devient encombrant
pour la suite de l'histoire.
Du
littéral à la morale
Le
génie de l'Évangile est d'être un rapporteur
de la parole divine et non pas la parole elle-même. C’est
principalement la biographie d'Emmanuel durant les trois dernières
années de sa vie. Il nous a affranchis de la loi ancienne
; en voulant la compléter, il consomme la rupture et comble
les lacunes par l'amour. Nous devons le lourd héritage de
l'Ancien Testament aux disciples conservateurs de la tradition judaïque
pour se distinguer des Gentils (les païens convertis au christianisme).
Il nous a invités à un minimum de rituels : le baptême
et les Pâques.
Il nous a appris une seule prière le Pater Noster qui n'est
cité que par deux des quatre évangélistes:
Mathieu et Luc.
MAT
6 / 7. Quand vous priez, ne palabrez pas comme les goîm, qui
croient: ‹ À force de paroles nous serons entendus ! ›
8. Vous donc, ne leur ressemblez pas. Oui, votre père pénètre
vos besoins avant même que vous le sollicitiez.
9. Vous donc, priez ainsi:
‹ Notre père des ciels, ton nom se consacre,
10. ton royaume vient, ton vouloir se fait, comme aux ciels sur
la terre aussi.
11. Donne-nous aujourd’hui notre part de pain.
12. Remets-nous nos dettes, puisque nous les remettons à
nos débiteurs.
13. Ne nous fais pas pénétrer dans l’épreuve,
mais délivre-nous du criminel. ›
LUC
11 / 2 Il leur dit: « Quand vous priez, dites:
Père, ton nom se consacre; ton règne vient.
3. Donne-nous chaque jour notre part de pain !
4. Remets-nous nos fautes, puisque nous aussi nous les avons remises
à tous nos débiteurs. Et ne nous fais pas pénétrer
dans l’épreuve ! »
Rédigée
plus tardivement, la version de Luc est amputée en partie,
preuve que les premiers chrétiens ne retenaient pas cette
prière par cœur et ne la pratiquaient pas aussi souvent que
nous le pensons. Les deux autres évangélistes l'ont
tout simplement occultée. L'imploration ultime d'Emmanuel
sur la croix subit le même sort.
Mt
27 / 46 « Éli, Éli lama sabaqtani ? »
Les
évangélistes avaient bien reçu le message du
Christ qui ne voulait nullement aliéner l'homme par le littéral
mais l'imprégner de morale ; alors que l'on compte par milliard
les missels et bréviaires pour progresser dans la foi.
L'enseignement d'Emmanuel est substantiellement parabolique loin
des dictats divins. Il indique la voie et non la loi. Rien n'est
figé, la foi est un équilibre dynamique qui se renouvelle
dans l'homme sans décret
ISSA
Le
Coran se trouve encombré par la classification du Christ
: Issa. En fait, il ne fait que suivre les Évangiles. Son
application méthodique à récuser la divinité
du Christ ne fait que la confirmer. Il consacre la pureté
de Marie dès sa conception pour porter Issa, le fruit du
Saint Esprit et de la parole d’Allah. Les dogmes de l'Immaculée
Conception, de la Trinité et de l'Incarnation sont ainsi
confirmés. Sa nature humaine est compromise par sa naissance,
il n'est pas homme comme les autres.
Par la permission d’Allah, il attribue au Christ toutes les qualités
divines : l'omniscience, le pardon des péchés, les
guérisons miraculeuses, la résurrection des morts,
la création d'êtres vivants à partir de la glaise.
En insistant pour ramener le Christ à une dimension strictement
humaine, le Coran avance l’argument qu’il se nourrissait comme sa
mère de nourriture vraie. Il s'interloque de nouveau au sujet
de sa mort et de son élévation vers Dieu.
Mystères
Les
polémiques se sont engouées autour de sa paternité,
son enfance, sa disparition entre 13 et 30 ans, son célibat
et sa fratrie. Sa résurrection, ses fréquentations
et ses pouvoirs miraculeux ne sont pas moins énigmatiques.
Lors de son baptême, il était étranger à
Jean-Baptiste, son cousin du deuxième degré dont l’enseignement
essénien ne fait pas de doute.
Jean
1 / 31 Et moi, je ne pénétrais (connaissais) pas qui
il était. Mais pour qu’il soit manifesté à
Israël, pour cela je suis venu, moi, immerger dans l’eau. »
33 Et moi, je ne pénétrais (connaissais) pas qui il
était. Mais celui qui m’a envoyé immerger dans l’eau,
celui-là m’a dit: ‹ Celui sur qui tu verras le souffle descendre
et demeurer sur lui, c’est lui, il immergera dans le souffle sacré.
›
34 Et moi, je l’ai vu, j’en témoigne, oui, c’est lui Bèn
Elohîms.
Une
autre observation est à relever chez trois évangélistes
au sujet de la crucifixion : serait-ce le Christ qui l'annonce par
anticipation ou un anachronisme des narrateurs par posticipation?
Matthieu
10 / 38. Et qui ne prend pas sa croix et me suit ne vaut pas pour
moi.
16 / 24 … « Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il
se renie lui-même, saisisse sa croix et me suive.
Marc 8 / 34… « Si quelqu’un veut me suivre, qu’il se renie
lui-même, porte sa croix et me suive.
Luc 9 / 23 « Si quelqu’un veut aller derrière moi,
qu’il se nie lui-même, porte chaque jour sa croix et me suive
!
Luc 14 / 27 Qui ne se charge pas de sa croix et ne vient pas derrière
moi ne peut être mon adepte.
Dans
les Évangiles canoniques, on lui attribue des frères
et sœurs, dans les épîtres on parle du frère
du seigneur comme patriarche de Jérusalem. Il aurait été
aisé à ses détracteurs, aux Romains, aux juifs
de l’époque de laisser un écrit explicite sur ces
interrogations pour lever le doute et estomper la légende,
il n'en fut rien ! Dans les Évangiles apocryphes on ne trouve
que des réponses partielles. Les sarcasmes de ces sociétés
orientales étaient perpétués des siècles
durant et les rumeurs faisaient la réputation à vie
de personnes de cette importance. Pendant son enfance, il ne jouait
qu'avec les enfants des voisins et au pied de la croix aucun de
ses frères ou sœurs n’était présent etc.
Il aurait été confortable pour le Coran de rapporter
une preuve du mariage de Marie ou de la fratrie du Christ afin de
l'humaniser sans complexe. Son mystère reste entier.
Il demeure célibataire et meurt en martyr de l'injustice
humaine et du fanatisme religieux. Il nous laisse sa croix comme
symbole suprême du sacrifice, du don de soi par l'amour absolu.
Il s’est tenu à l’écart de la politique et du pouvoir,
il a vécu en marginal à la tête d'un petit clan
sans intérêt, d'où tout l'intérêt
!
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