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Georges David Corm

artist painter

Biographie:

Georges David Corm: 1896-1971

1896 - Né à Beyrouth; Second enfant de David Semaan Corm et de Virginie Naaman, après Charles, frère de Jean et de Marie.

1919-1921 - Etudes de peinture à l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

1921 - Médaille d'or en peinture à la Foire-Exposition de Beyrouth.

1922 - Gagne le concours de réalisation de la maquette de la médaille du Mérite libanais.
-Membre du Jury pour le choix d'un projet de monument aux morts de l'armée du Levant.

1922-1928 - Promoteur puis membre du comité exécutif pour la création du musée d'Antiquités et des Beaux-Arts de la ville de Beyrouth.
-Secrétaire du Congrès archéologique international, tenu à Beyrouth en 1926.
-Promoteur et membre du Jury du Conservatoire national de musique libanais.

1928 - Emigre en Egypte où il épouse Marie Bekhyt et ou il crée en 1934 avec quelques artistes et écrivains l'Atelier, groupement pourla promotion et la diffusion des Lettres et des Arts.

1936 - Officier d'Académie de France.
Deux tableaux achetés par le musée d'Anvers (Belgique).

1937 - Médaille d'honneur du Mérite libanais.

1955 - Elu membre d'honneur du Mérite libanais.

1955 - Elu membre de la "Royal Society of Arts" de Londres.

1956 - Retourne au Liban.

1958 - Officier de l'ordre du Cèdre.

1971 - Décède à Beyrouth, le 13 décembre.

Un itinéraire…

Tout prédisposait Georges Daoud Corm à la carrière artistique. Pourtant, sa vie fut un bien difficile, mais patient itinéraire, pour maintenir intacte la foi dans l'art et donc dans l'Homme.

Né en 1896 à Beyrouth d'une famille de lettrés du Kesrouan, Georges Corm était le petit-fils de Semaan Corm, qui s'illustra comme précepteur des fils de l'Émir Béchir, et le fils de Daoud Corm, l'un des pionniers de la peinture au Liban, qui se rendit célèbre aussi bien par ses toiles religieuses que par ses très beaux portraits de notabilités libanaises, égyptiennes et romaines.

Daoud Corm tenait ses racines bien ancrées dans le XIXe siècle libanais qui avait vu le déclin de l'aristocratie traditionnelle; il mourut, disent ses biographes, chargé d'honneurs. Georges Corm se trouva donc devoir assurer le rôle difficile d'un artiste, fils d'un autre artiste bien arrivé, et ceci dans une société entrée dans un processus de changement rapide.

Il fallut d'abord choisir entre des talents divers dont la nature et le milieu familial l'avaient doté. Les nombreux cahiers de poèmes de jeunesse qu'il a laissés en témoignent (dont un, Chez les humbles, publié en 1915). La passion de la musique et les soirées de musique de chambre qu'il a animées en tant que pianiste dans le Beyrouth du début du siècle, ses efforts pour la mise sur pied du Conservatoire de Musique, sont un autre témoignage de ses capacités artistiques complexes. De même ses nombreuses activités dans divers domaines artistiques entre 1922 et 1930 sont un autre indice de ses attaches aux diverses formes de l'Art et aussi d'un inlassable désir de développer les arts libanais.

Pourquoi la peinture prit le dessus, seul l'artiste pourrait peut-être répondre. L'ombre d'un père dans une société encore profondément marquée par le patriarcalisme, sans doute, mais aussi le sentiment, inspiré là encore par l'expérience paternelle, que la peinture mieux que la musique ou la poésie permettrait d'assurer un minimum de conditions matérielles d'existence. En réalité, Georges Corm devait faire tout au long de sa vie l'expérience amère de la condition d'artiste dans une société en mouvance rapide et qui donc ne saurait se préoccuper de l'Art, et encore moins du statut social et des conditions d'existence de ses artistes.

Une partie de son œuvre s'en ressentit, lorsque vivant de sa seule peinture, il dut sacrifier beaucoup de ses élans picturaux spontanés mais si bien structurés à la confection de certains portraits trop bien léchés de personnalités de la bonne société : portraits manifestement faits pour plaire à leur modèles, lesquels auront malheureusement trop souvent tendance à chicaner l'artiste.

On ne s'étonnera pas qu'à partir des années 1950, où les conditions de vie matérielle de l'artiste se dégradent de plus en plus, disparaissent de son oeuvre les somptueuses natures mortes des années 1930, ou les si fins paysages libanais des années 1920, suivis de paysages égyptiens dans les années 1930 et 1940.

En revanche, et comme à titre de compensation, certains des rares paysages de Georges Corm, à partir de 1950 auront souvent une composante fantastique et symbolique cachée, qui se laisse deviner dans la forme de rochers (tels ceux surplombant une vue de la baie de Jounieh), ou dans celles de stalactites (toiles représentant l'intérieur de la grotte de Jeita), ou encore dans L'Homme dans la Planète et le Cygne.

De même, de nombreuses toiles de nus féminins de cette période, d'un érotisme si manifestement contraire au romantisme mystique de l'artiste, viennent s'inscrire comme un contrepoint vengeur de tous ces visages mignons et esthétisés des dames de la bonne société.

En fait, Georges Corm ne réussit jamais à être tout à fait un homme du XXe siècle, ni à s'adapter au jeu social de la nouvelle élite libanaise ou égyptienne. Certes, lorsque à l'occasion de son mariage avec Marie Bekhyt, fille de Youssef Bekhit, riche courtier de coton à la Bourse d'Alexandrie, il s'installe dans cette ville en 1928, il ne fait pas de doute que la brillante vie cosmopolite de cette cité levantine le séduit. Il y produira de remarquables portraits, de splendides natures mortes, et des paysages de mer tout en nuances. Cependant, l'art seul ne suffit point à faire vivre une famille qui s'agrandit, et avec la dépressions des années 1936-39 en Egypte, les affaires commerciales initiées par lui deviendront un sujet additionnel de tourment pour lui et pour son épouse.

En 1948, Georges Corm abandonne définitivement toute activité commerciale et ne vivra plus que du maigre produit de ses portraits et de quelques leçons de peinture. Il s'installe alors au Caire.

La nostalgie permanente du sol natal aggravée par le dépaysement engendré par les changements sociaux et culturels de l'Egypte à cette période, le ramène définitivement en 1956 à Beyrouth; il s'y retirera cependant assez rapidement de la vie publique et sociale; il cessera même d'exposer après 1967, lorsque la vague de peinture abstraite déferla sur la bonne société libanaise, au point d'ailleurs que le critique d'art d'un grand quotidien de Beyrouth estima avec emphase et assurance que la poussière avait rongé son pinceau.

A la fin des années 1950, restant fidèle à sa vocation première de promoteur des arts libanais, il avait pourtant présenté à nouveau au Gouvernement libanais un plan pour la mise en place d'un Institut des Beaux-arts; il ne fut point donné suite à ce plan, et jamais l'Etat libanais de l'Indépendance ne songea à recourir à lui ou à l'honorer, si ce n'est par l'attribution de l'ordre du Cèdre en mai 1958.

Lorsqu'il dut abandonner en 1964, contraint et forcé, son atelier et son petit jardin de Khandak el-Ghamik, construit en 1922, par ses propres soins, sur la grande propriété de Daoud Corm, son père, sa santé se déclina rapidement. Une intervention chirurgicale en 1966 lui permit un répit de cinq années. Cette année là, il exposa deux portraits au salon de Printemps de Paris, qui lui valurent plusieurs commandes qu'il ne put toutefois réaliser en raison de son état de santé.

En 1966, son Essai sur l'Art et la Civilisation de ce temps est un réquisitoire violent contre l'influence corrosive du marxisme stalinien et du mercantilisme américain sur les arts contemporains, et une dénonciation des modes artistiques lancées à coup de campagnes publicitaires. Georges Corm, dans cet essai, exprime avec véhémence toute sa nostalgie de l'humanisme classique dont il était entièrement pétri, mais aussi sa foi dans l'émergence d'une nouvelle civilisation humaniste … adaptée aux besoins de cette ère industrielle et atomiste.

Ce fut son unique cri public de révolte contre la civilisation de son siècle qui l'avait meurtri sur plus d'un plan, un cri qui aujourd'hui, en cette fin de siècle, n'est pas sans trouver d'étranges résonances dans la résurgence des mouvements de fondamentalisme mystico-religieux au Moyen-Orient, mais aussi dans les pays occidentaux. Passé ce frisson de révolte, exprimé en dépit de sa pudeur naturelle, l'artiste vivra les dernières années de sa vie dans le silence et le recueillement, tant il avait conscience de l'approche du grand départ. Seuls quelques élèves fidèles, tel le très dévoué Joseph Matar, continuaient de l'entourer de leur affection; de même il avait plaisir à revoir cet autre grand solitaire qu'était Omar Onsi. Il s'éteignit serein au soir du 13 décembre 1971, emportant avec lui toute la douceur d'un Liban romantique, aujourd'hui disparu à jamais, et que cet ouvrage s'efforce de faire revivre.

C'est certainement Marie Corm, son épouse si discrète mais si présente à la fois dans son existence, qui a le mieux défini cet artiste à cheval entre deux siècles et donc deux sociétés et qui pourtant ne voulut jamais compromettre. C'était, dit-elle, un pur, un authentique. Il est vrai qu'il a souffert de l'incompréhension des gens autour de lui. Mais par-dessus tout, il est resté lui-même et, jusqu'à ses dernières heures, continuait à imprégner les autres de la beauté qu'il portait en lui.
Puissent ces pages et ces reproductions contribuer à ouvrir la voie à ce message de beauté qui, comme bien d'autres messages libanais, a été recouvert d'un voile de poussière opaque et sanglant, par ceux mêmes qui, dans la vanité, ont cru édifier le Liban en terre symbole de l'humanisme universel; Liban, pour qui l'artiste a disparu écrit dans sa jeunesse:
Ô mon pays, à toi les plus beau chants de gloire, les plus beaux chants d'amour.

Sa vie et son oeuvre auront en tous cas accompli pleinement et fidèlement cette promesse.

Beyrouth, septembre 1980.
par Georges G. Corm.

Le portrait comme recherche de l'homme :

Extraits d'article, "Le maitre incontesté de la nature" par Ethel Adnan.

Dans l'œuvre de Georges Corm il y a un nombre majeur de portraits. Il est certain que la plupart sont des commandes et l'artiste demeure fidèle à ses sujets : quand ces derniers sont superficiels, il produit des œuvres essentiellement mondaines, belles, bien faites, mais sans grand intérêt. Cependant son instinct se réveille entièrement devant les êtres exceptionnels; il trouve en eux sa propre mesure. Il est remarquable que ses meilleurs œuvres de portraitiste soient non pas seulement ceux de rois, princesses et poètes, mais également celles de gens simples, de paysans, de fellaha égyptiennes … Ces gens du peuple ont une aristocratie similaire à celle de l'artiste : leur valeur ne leur vient ni de l'argent ni d'une position sociale mais d'une sorte de nature humaine mise à l'état nu. Le jeune artiste libanais, exilé et dans ce sens lui aussi "nu", se retrouve parmi ces êtres fiers, au regard fort et de feu, qu'il poursuit de ses crayons et de ses couleurs.
J'irai plus loin. Je dirai que dans l'art du portrait Georges Corm trouve une liberté absolue. Devant les visages humains, l'absence de tradition nationale en peinture ne joue plus. Le sujet humain écrase par sa présence toute aliénation que le peintre pourrait ressentir par rapport à sa situation historique vis-à-vis de l'Art. Il n'a plus de question à se poser quant aux écoles à suivre, ou si il se les pose, elles importent peu.
Fasiant le portrait d'Abdul Aziz Ibn el Seoud, le souci majeur c'est de rendre le personnage, son histoire à lui, sa grandeur immédiate. Il en va de même pour les autres. Devant ces hommes et ces femmes assis devant lui, l'urgence est de capter la vie, et cette urgence apaise ses inquiétudes que l'artiste libanais ne pouvait ne pas avoir en se souvenant de ses camarades parisiens qui eux venaient, chargés de musées célèbres et de traditions glorieuses. Ces longues années de labeur étaient donc des années de libération.
Georges Corm est humaniste, il le dit dans son "Essai sur l'Art et la Civilisation de ce temps". Pour lui, faire un portrait est une étude plus importante, du moins au début de sa carrière, que de faire un paysage, parceque dans la hiérarchie des êtres, l'homme est au sommet. Point de vue chrétien, assurément, chez ce fils de la montagne libanaise. Il devait sentir la noblesse de sa fonction en peignant un Khalil Moutran ou la fameuse Mme C H. …

Autoportraits:
Extraits d'article, "Le maitre incontesté de la nature" par Ethel Adnan.

Mais moi, ce qui me frappe le plus dans cette œuvre, ce sont les autoportraits de Georges Corm. Lui qui a étudié, on suppose patiemment, d'innombrables visages, a laissé du sien des témoignages bouleversants.
Curieuse destinée que celle d'un peintre qui pouvait se voir comme on aimerait que d'autres nous voient. Extraordinaire pouvoir.
Nous avons de lui un autoportrait de jeunesse, et quelques-uns de sa maturité.
Jeune, il a le regard sur lui-même de Dorian Gray : Alexandrie est en lui, une sensualité raffinée au cours des âges, une lourdeur des paupières, un teint fiévreux de jeune homme, un rose qui n'est pas du fard, une tête qui rivalise à travers l'extrême fragilité des couleurs, avec la solidité des marbres des jeunes éphèbes de l'hellénisme alexandrin. Le peintre sait qu'il a un double regard (que nous saisissons dans le tableau) : celui du jeune esthète philosophe qui juge tous ceux qui le regardent, et celui du jeune artiste qui se désintéresse du public pour réfléchir à ses problèmes techniques et à son tourment intérieur. J'ai pensé, en le voyant, ce portrait, à ces autobiographies minces et intenses de Joyce ou d'Evtouchenki, et à ces admirables autoportraits où Modigliani sait, et sait prouver, qu'il est dandy et qu'il dépasse infiniment le dandysme.
Il y a un autoportrait que j'intitulerai volontiers L'artiste dans son laboratoire. Georges Corm se met dans son atelier, en tablier blanc, comme un médecin. Que de fois n'a-t-il pas dû examiner derrière les rides la tragédie personnelle de telle femme qu'il peignait et qui voulait à tout prix n'être vue que sous son aspect le plus superficiel, jugé par elle comme étant le meilleur?
Et un atelier n'est-il pas un laboratoire où l'artiste étudie chaque forme comme un biologiste, une amibe? De la configuration d'une fleur dépend l'être de celle-ci. Du mouvement du corps d'un marchand de quatre-saisons dépend la lecture de sa joie ou de son effort. Tout studio d'artiste véritable est le creuset d'une alchimie personnelle, d'un savoir intransmissible à d'autres: laboratoire pour un seul savant et une seule connaissance.
Mais la connaissance de soi ne pouvait être que la connaissance ultime pour cet être essentiellement classique dans sa pensée. Georges Corm se regarde sans pitié et surtout avec une concentration intérieure inouïe. Ce seul tableau le surprend, lui-même, dans toute sa profondeur. Les yeux en même temps hagards et sûrs, le front haut, le regard porté sur l'extérieur et en même temps d'une infériorité infinie, le cops mince, droit, n'ayant d'existence que pour porter un psychisme pur; le dandy a disparu. Il reste devant nous un esprit au faîte de ses pouvoirs, un personnage connaissant le passé, venu de loin, mais ayant une force spirituelle semblable à celle d'un acier qui transpercerait le futur. Suprême autoportrait qui devrait figurer parmi les plus connus de l'histoire de l'art.
Il y a aussi un portrait de la maturité. Ni dandy ni chirurgien de l'âme, l'artiste ici s'est placé à un niveau intérieur intermédiaire, un peu comme s'il était son propre romancier. Cet homme d'une élégance rare, être racé, regarde le monde comme il se regarde, sans véritable passion, sans parti-pris favorable ou défavorable, mais avec une sensibilité parfaite à la noblesse fondamentale de tout ce qui est. Il semble se définir avec une conscience aiguë de sa propre valeur, d'une valeur que l'expérience, la familiarité avec sa propre vie, lui ont prouvée. L'artiste véritable est toujours en contact avec son inconscient et son histoire temporelle, il ne saurait savoir quoi que ce soit s'il ne se connaissait pas. La qualité de ce portrait est une sorte de garantie de ses autres connaissances.

La femme, la source, et la Nature:
Extraits d'article, "Le maitre incontesté de la nature" par Ethel Adnan.

Nous tenons à mentionner un tableau tout particulier, un de ces tableaux dans lesquels parfois un grand peintre arrive à exprimer toutes les dimensions de son être.
Le tableau présente, à sa gauche, debout, dans un geste qui pourrait être celui de se laver, une femme. Le nu est vu de dos. Il a, de la chair, la couleur ocre-or de la plupart des femmes de la Méditerranée. Le corps, dans la tradition classique, est pur, fort, sculptural. Il se lave à une source, devant un terrain haut et sombre qui appartiendrait à une montagne.
Ce tableau s'analyserait comme une œuvre complète. Essai philosophique, comme on pourrait dire d'un tableau de Léonard qu'il représente la pensée du grand peintre italien.
Je retrouve dans cette peinture une sorte de microcosme. La femme est dans la nature mais elle est aussi, elle-même, la nature, d'où ce sentiment de force qu'elle communique. Classique de facture, elle est également pensée romantique par cette appartenance à son milieu ambiant.
La nature, elle, n'est pas une image, un détail, tel lieu précis uniquement. Précise et rappelant ces grottes et ces vallées du Liban, mystérieuses malgré le plein soleil qui les baigne de jour, la nature dans ce tableau atteint cette autre dimension que nous ne pouvons que qualifier de panthéiste, de par sa relation au personnage féminin et de par ce sentiment de présence éternelle qu'elle aussi possède. Chef-d'œuvre qui ne nous fait que regretter l'éparpillement un peu partout dans le monde des œuvres de Georges Corm et regretter surtout que les vicissitudes de la vie quotidienne ne lui aient pas permis de développer jusqu'au bout, dans sa peinture, les infinies richesses de sa pensée et de son talent.

Le paysage libanais:
Extraits d'article, "Le maitre incontesté de la nature" par Ethel Adnan.

Le paysage libanais est particulièrement difficile pour un peintre. Il est beau, c'est évident. Il est dramatique, escarpé, déchiré, inattendu, il est surtout extrêmement nerveux. L'œil a à peine le temps de s'habituer à un contour que le changement est survenu. Relativement petit d'un point de vue mathématique, il projette le sentiment d'avoir de grandes dimensions. Il est même grandiose par endroits. Cette beauté évidente du paysage libanais est un piège pour un artiste car elle agit comme un véritable mirage.
Il y a des dessins d'un coin de mer, de quelques arbres, d'une route qui tourne, études en même temps précises et rapides, instantanés qui saisissent la structure essentielle des formes. Ces dessins sont toujours aigus, dépouillés, appartenant à cet aspect de l'esprit du peintre qui est incisif, sans pitié. Des autoportraits à ces dessins de la nature prosaïque, il y a un passage tout naturel bien que peu évident. Ils témoignent également d'un même pouvoir de perception.
Les paysages faits à l'huile sont parmi les meilleurs de la peinture libanaise. Il n'y a que Saliba Douaihy (avant son voyage en Amérique) et Omar Onsi qui ont pu rendre le paysage libanais avec la compétence de Corm.
La montagne libanaise est baignée d'une lumière qui se résout en fumée bleue. Le problème du peintre est de rendre la force du rocher que l'œil pressent derrière la buée impalpable qui l'entoure et la recouvre. Sa tâche est presque inhumaine.
Lorsqu'un Cézanne peint une maison de Provence, il a des ombres et des couleurs réelles devant lui. Quand il peint des arbres, il a des formes solides qu'il lui est aisé de rendre. Ce n'est que quand il peint la Montagne Sainte Victoire qu'il a un problème analogue à Celui du paysagiste libanais: une montagne en même temps massive et irréelle. C'est pourquoi, d'ailleurs, il a passé sa vie à se buter contre elle, à y revenir sans cesse, jusqu'à sa mort. Cette montagne était sa contradiction à résoudre, son défi à surmonter, sa vérité.
Georges Corm s'attaque au paysage libanais le plus difficile à rendre: il ne peint pas les petites maisons de la montagne, les jardins et leurs merveilleux jeux d'ombre, mais il les étudie en montagne: ces grandes vallées qui s'étagent en lignes diagonales, parsemées de villages, ces étendues arides. Ces paysages, vus de loin, fondent dans la lumière, et il faut faire revivre leurs couleurs sans pour cela trahir la grisaille ou le rose dans lesquels ils se résolvent. Il réussit admirablement et il demeurera à jamais, avec les quelques-uns que nous avons cités, le maître incontesté de la nature libanaise.
Mais le Liban n'est pas que pays de montagne. Celle-ci descend jusqu'à la mer en chutes tantôt brusques tantôt plus lentes et la côte elle-même présente, pour un peintre, des difficultés nouvelles. En été, il ne saurait être question de peindre la côte: elle est noyée dans l'éclat du soleil. En automne, en hiver, au début du printemps, la saison, unique du point de vue de la richesse des couleurs, présente des sujets passionnants. Je pense en particulier à ses paysages de mer, subtils, austères, toute la mystérieuse rencontre de la terre et de la mer étant ici communiquée. Georges Corm ne s'arrête pas à l'anecdote, à tout ce chatoiement sensuel de la côte libanaise que Georges Cyr a bien rendu, ni surtout à l'aspect folklorique et charmant du genre Ain Mreisseh, mais plutôt à la côte saisie dans sa mystérieuse simplicité purement planétaire.
Il en est de même de cet autre aspect de la côte libanaise moins immédiatement rocheuse et plutôt sablonneuse. Le sud de Beyrouth, tel que Georges Corm avait pu le connaître jusqu'au début des années 60, présentait un caractère particulier et frappant : quatre éléments se partageaient l'espace, d'une façon constante : le ciel, la grande diagonale des montagnes descendant jusqu'à Tyr, la pente plus adoucie d'une vaste étendue de sable, et la mer. Les couleurs souvent étaient d'une complémentarité étonnante : entre le ciel bleu ou gris et la mer bleue ou verte il y avait toujours le contraste du mauve dans lequel se perdait la montagne et les couleurs orange du sable. Ces paysages que j'ai contemplés si souvent, vus de la corniche, Georges Corm les a peints avec une perspicacité et un pouvoir qui me ressuscite ce passé.
J'aimerais mentionner également des études du terrain qui entourait Beyrouth, à mi-hauteur de la ville et de la montagne. Le sable se solidifie sur le rocher, sa couleur orange passe au rose foncé, quelque chose du désert lutte contre le début de la forêt. Quelques pins, si typiques au paysage libanais, sur ces terrains, commencent en quelque sorte à marcher en file. Georges Corm a fait de ces endroits aujourd'hui disparus presque entièrement, des chefs-d'œuvre.
On ne peut terminer cette étude sans parler des tableaux et dessins qui sont des natures mortes, des bateaux sur le Nil, l'intérieur d'une chambre.
Ce qui est surtout à noter, c'est l'unité de cette œuvre picturale à travers la diversité de ses sujets. Un peintre qui va du portrait à la nature morte, par exemple, n'est pas éclectique, si la facture reste égale à elle-même, si la qualité ne fléchit pas. On pourrait même aller plus loin et dire qu'il y a une unité encore plus profonde dans cette œuvre (à l'exception des quelques portraits mondains) : il y a un sens platonicien qui se transmet par la peinture, une idéalité, la présence de la méditation du peintre derrière l'objet décrit. Les bateaux sur le Nil parlent de la durée de l'Egypte ; les paysages libanais rappellent les sentiments religieux qui ont vu leur existence dans cette partie du monde ; une minuscule aquarelle de quarts de pastèque représente la passion de vivre. Et c'est ainsi que dans cette œuvre dispersée et je dirai étrangement discrète il y a un visionnaire de génie.

Les informations sont extraites de l'ouvrage "Georges Daoud Corm, Peintre et portraitiste libanais 1896 - 1971", Beyrouth, 1981, ouvrage bilingue français - arabe, 162 pages, série couverture toile, numérotée de 100 à 600 et série couverture cuir numérotée de 1 à 100. Cette ouvrage est disponible à la même Galerie Bekhazi.

Georges David Corm - Version anglaise

Biography:

Georges David Corm: 1896-1971

1896 - Born in Beirut, the second child of David Semaan Corm and Virginie Naaman, after Charles, brother of Jean (John) and Marie.

1919-1921 - Studied painting at the Ecole nationale supérieure des beaux-arts in Paris.

1921 - Gold medalist at the Beirurt Exhibition Fair.

1922 - Winner of the contest for the concept of the Lebanese Medal of Merit.
-Member of the jury for the selection of a project for a monument to those soldiers who had fallen in the Levant.

1922-1928 - Promoter and then member of the executive committee for the setting up of a Beirut Museum of Antiquities and Fine Arts.
-Secretary of the International Archaeological Congress held in Beirut in 1926.
-Promoter and member of the jury of the Lebanese National Conservatory of Music.

1928 - Emigrated to Egypt, where he married Marie Bekhyt and in 1934 with some fellow artists and writers set up the Atelier, a group for the encouragement and diffusion of the arts and letters.

1936 - Officer of the Académie de France.
Two of his paintings were bought by the Museum of Anvers in Belgium.

1937 - Medal of Honour of the Lebanese Merit.

1955 - Elected Honorary Member of the Lebanese Merit.

1955 - Elected member of the Royal Society of Arts of London.

1956 - Returned to Lebanon.

1958 - Officer of the Order of the Cedar.

1971 - Died in Beirut on December 13th.

An itinerary…

Everything predisposed Georges Daoud Corm to an artistic career. However, his life was a difficult but patient itinerary to keep intact his faith in art and therefore in mankind.

Born in 1896 into a scholarly family in Kesrouan, Georges Corm was the grandson of Semaan Corm, who distinguished himself as the tutor of the son of Emir Bashir, and the son of Daoud Corm, who was one of the pioneers of painting in Lebanon, famous for his religious works as well as for his fine portraits of Lebanese, Egyptian and Roman notables.

Daoud Corm was well rooted in the Lebanon of the 19th century, which had seen the decline of the old aristocracy; he died, say his biographers, covered with honours. Georges Corm, therefore, found himself in duty bound to assume the difficult role of an artist, son of another artist of established reputation, in a society that was undergoing rapid change.

He had first of all to make a choice among the different talents with which nature and his family background had endowed him. The many notebooks he left behind him full of his youthful poems (one of which, Chez les humbles, was published in 1915) bear witness to this. His passion for music and the evenings of chamber music at which he acted as pianist in Beirut at the beginning of the 20th century, and his efforts for the setting up of the Conservatory of Music, are further evidence of his complex artistic talents.. Likewise, his activities in various artistic domains between 1922 and 1930 are yet another indication of his attachment to art in all its different forms, as well as of his indefatigable desire to develop the arts in his homeland.

Why painting should finally have got the upper hand perhaps only the artist himself could have told us. There was no doubt the shadow of his father in a society that was still strongly patriarchal, but also the feeling derived from the experience of his father that painting provided the minimum material conditions of existence better than either music or poetry. In point of fact, throughout his life Georges Corm suffered the bitter experience of the artist’s position in a society that was rapidly changing and had little time for art, and still less for the social status and material condition of its artists.

One part of Georges Corm’s artistic impulse suffered as a consequence when, living by his painting alone, he had to sacrifice much of his spontaneous but well-structured pictorial leanings to the production of flattering portraits of personalities of the high society, portraits obviously made to please their models, who were unfortunately too often inclined to haggle over the painter’s fees.

So one can hardly be surprised that from 1950 onwards, when the material condition of the artist underwent a steady decline, there no more appear any of those sumptuous still-lifes of the nineteen-thirties or the fine Lebanese landscapes typical of the nineteen-twenties followed by the Egyptian landscapes between 1920 and 1940.

But as if to provide some compensation, some of the occasional landscapes produced by George Corm from 1950 onwards have a certain element of fantasy and of hidden symbolism, one that is perceptible in the form of the rocks (such as those overhanging the view of the Bay of Jounieh), or in stalactites (in the canvases of the interior of Grotto of Jeita), or again in the Man in the Planet and the Swan.

Similarly, a number of female nudes of this period, full of eroticism so manifestly opposed to the mystical romanticism of the artist, reveal themselves as a vengeful counterpoint to all those delicate, beautified faces of the ladies of the genteel society.

It must be admitted that Georges Corm never quite succeeded in being a man of the twentieth century or in adapting himself to the social interplay of the new Lebanese or Egyptian élite. Of course, when on his marriage with Marie Bekhit, daughter of Youssef Bekhit, rich cotton-broker on the Alexandria Exchange, he installed himself in this Levantine city in the year 1928, there can be little doubt that the brilliant cosmopolitan life there was a strong attraction for him. It was here that he produced some remarkable portraits, some splendid still-lifes, and some seascapes full of subtle touches. However, art alone is not enough for a growing family to live on and, with the depression in Egypt during the years 1936 to 1939, the commercial ventures he had launched became an additional cause of worry for himself and for his wife.

In 1948 Georges Corm gave up once and for all his business activity and from then on lived on the meagre income derived for his portraits and from some lessons of painting. It was then that he took up residence in Cairo, but the unrelenting nostalgia for his native soil, further aggravated by the social and cultural changes that Egypt underwent at this time, led him to finally settle in Beirut in the year 1957. There, however, he soon withdrew from public and social life. He even stopped showing his work after 1967, the year when the wave of abstract painting invaded the chic Lebanese society, until the art critic of a leading Beirut daily emphatically and confidently asserted that dust had smothered his brush.

At the end of the nineteen-fifties, faithful to his early vocation as a promoter of the arts in Lebanon, Georges Corm had all the same presented the Lebanese government with a plan for the setting up of an Institute of Fine Arts. However, the idea was not followed up and the Lebanese state after its independence never thought of having recourse to him or of honouring him, apart from decorating him with the Order of the Cedar in May of 1958.

When in 1964 he was obliged to give up his studio and his little garden in Khandak el-Ghamik, which he himself had caused to be built in 1922 on the spacious property of his father Daoud Corm, his health went rapidly downhill. A surgical operation in 1966 gave him another five years of life. In that same year he put on show at the Paris spring Salon two portraits that brought him several orders, which however the state of his health prevented him from fulfilling.

Corm’s Essay on Art and Civilisation of the year 1966 is a violent indictment against the corrosive influence of both Stalinist Marxism and American commercialism on contemporary arts and a denunciation of the artistic fashions launched with the backing of publicity campaigns. In this essay Georges Corm vehemently expresses not only all his nostalgia for the classical humanism with which he himself was totally imbued but also his faith in the emergence of a new humanist civilisation, one adapted to the needs of this industrial atomic era.

This was his one and only public cry of protest against the civilisation of his century which had made him suffer in more than one way, a cry which even today at this turn of the century is not without some strange echoes in those mystico-religious fundamentalist movements resurfacing in the Middle East and even in the countries of the West. Once this shudder of revolt was done with, expressed despite his natural reserve, the artist passed the last years of his life in silence and reflection, so conscious was he of his approaching departure. Only a few faithful pupils such as the deeply devoted Joseph Matar continued to surround him with their affection, and it also gave him the greatest pleasure to receive that other great solitary, Omar Onsi. He passed quietly away in the evening of December 13th, 1971, bearing with him all the charm of a romantic Lebanon now gone for ever, one that this work is trying to bring to life.

There can be no doubt that it was Marie Corm, his spouse so self-effacing but always present in his life, who best summed up this artist who had a foot in each of two centuries and therefore in each of two societies and yet never wished to compromise. He had, she said, a soul that was pure and authentic. It is true that he suffered from the incomprehension of the people around him. Yet, above all, he remained his true self and up till his final hours he continued to impart to others the beauty that he bore within him.
May these pages and these reproductions help to open the way to this message of beauty which, like many other messages of Lebanon, has been covered with a thick and blood-soaked layer of dust by those very ones who in their conceit thought to build a Lebanon of earth symbol of universal humanism. This was the Lebanon of which the departed artist wrote in his youth:
Oh, my country, yours are the loveliest hymns of glory and the loveliest hymns of love!
In any case, his life and his work have fully and faithfully fulfilled this promise.

Georges. G. Corm,
Beirut, September 1980

Portraiture as a search for the Man:
Extracts from an article The Uncontested Master of Nature (Le Maître incontesté de la nature), by Ethel Adnan.

In the work of George Corm there is an overriding number of portraits. It is certain that most of these were done on order; the artist was always faithful to his subjects, for when these were superficial people he produced works that were essentially worldly, not without beauty, well executed, but of no great interest. However his artistic instinct came fully to the fore when he was confronted with outstanding personalities, in whom he found his proper measure. It is a remarkable fact that his best portraits are not only those of kings, princesses and poets but also ones of simple people, peasants, Egyptian fellaheen. These representatives of the common people have an aristocracy about them similar to that of the artist, for their worth comes not from money or social position but from a kind of human nature that is fully exposed. The young Lebanese artist, exiled and in this sense also exposed, finds himself among these beings who are proud, with a strong look in their eyes full of fire, beings whom he pursues with his pastels and his colours.
I shall go further and state that in the art of portraiture Georges Corm found an absolute liberty. In front of the human faces, the absence of national tradition in painting has no more play. The human subject overwhelms by his presence any alienation that the painter might feel about his historical situation in relation to Art. He has no reason any more to wonder what school he should follow; at least, if he does ask himself any questions, they matter little.
When doing the portrait of Abdul Aziz Ibn el Saoud, his chief concern was to give this person and his history their immediate and present greatness. The same holds true for the others. Faced with these men and women seated before him, he hastened to seize the life in them with an urgency to counter that anxiety that a Lebanese artist could not fail to feel when thinking of his Parisian comrades who could come with the aura of celebrated museums and of famous traditions. These long years of labour were therefore years of liberation.
Georges Corm was a humanist and he said so in his Essay on the Art and Civilisation of the Present Time (Essai sur l’Art et la Civilisation de ce temps). For him, painting a portrait was a more important study, at least at the beginning of his career, than doing a landscape because in the hierarchy of beings man is at the summit. – certainly a Christian point of view coming from this son of the mountains of Lebanon. He must have felt the nobility of his office when he was painting Khalil Moutran or the famous Madame C H.

Self-portraits:
Extracts from an article The Uncontested Master of Nature (Le Maître incontesté de la nature), by Ethel Adnan.

But as for myself, what strike me most in this work are the self-portraits of Georges Corm. After, we may suppose, having studied numberless faces, he has left of his own face some staggering evidence. This was a strange destiny for a painter who could see himself as one would like others to see oneself, and an extraordinary power.
We have one self-portrait done when he was young and several done in the years of his maturity. When young he looks at himself with the eyes of Dorian Gray. One sees in him Alexandria, with a refined sensuality that has come down the ages, a certain heaviness weighing on the eyelids, the feverish tint of a young man, a rose without any cosmetic, a head which by the extreme fragility of its colours rivals the solidity of the marbles of the young Ephebians of Alexandrine Hellenism. The painter knows that he has a twofold expression that we grasp from the picture; there is the regard of the young æsthete philosopher who judges all those who look at him and also that of the young artist whose indifference to his public allows him to reflect on his technical problems and on his interior torment. On seeing this portrait I thought of those slender and intense autobiographies of Joyce or Evtoushenki, and of those admirable self-portraits in which Modigliani knows - and knows how to prove – that he is a dandy who goes far beyond mere dandyism.

There is one self-portrait that I would happily entitle The Artist in his Laboratory. Georges Corm sets to work in his studio wearing a white blouse, like a doctor. How often, surely, he must have examined behind the wrinkles the personal tragedy of some woman who wished at any price to be seen only under her most superficial aspect, the one that she judged to be her best!
And is the studio not a laboratory where the artist studies each form much as a biologist might study an amœba? On the configuration of a flower its very being depends. From the movement of the body of a street vendor one can divine his joy or his effort. Every studio of a true artist is the crucible of his personal alchemy, of a learning that cannot be transmitted to others; it is a laboratory for just one scholar and for just one knowledge.
But self-knowledge could be no more than the ultimate knowledge for this being who was essentially classical in his way of thinking. Georges Corm looks on himself without pity and above all with an unimaginable interior concentration. This particular painting surprises him in all his depth. The eyes haggard but sure, the high forehead, the thin erect body existing only to bear a pure psychological frame, with all these the dandy has disappeared. He stands in front of us in his spirit at the summit of his ability, someone knowing the past, come from afar, but having a spiritual force like that of steel penetrating the future. This is a self-portrait which should figure among the best-known in the history of art.

There is also a portrait of the artist at the time of his maturity. Neither dandy nor surgeon of the soul, the artist here is at an intermediate interior level, rather as if he were telling his own life story. This man of a pure aristocratic elegance looks at the world as he looks at himself, without real passion, without either favourable or unfavourable prejudice, but with a perfect sensitiveness to the fundamental nobility of all that exists. He seems to define himself with a keen awareness of his own worth, a worth that experience and familiarity with his own life have proved to him. The true artist is always in contact with his subconscious and with his temporal history, knowing nothing if he does not know himself. The quality of this portrait is a sort of guarantee of his other knowledge.

The woman, the source, and Nature:
Extracts from an article The Uncontested Master of Nature (Le Maître incontesté de la nature), by Ethel Adnan.

Here we must mention one quite particular painting, one of those works in which a great painter manages to express all the dimensions of his own being.
On its left this painting shows us a woman making a gesture that indicates that she might be bathing. The nude is seen from behind. The flesh has like that of most Mediterranean woman the colour of ochre. Following the classical tradition, the body is pure, strong and sculptural. The woman is bathing at a spring against a mountain landscape that is lofty and sombre.
This picture should be analysed as a complete work. It is a philosophical essay, as might be said of a work by Leonardo representing the thought of the great Italian painter.
I find in this painting a sort of microcosm. The woman is surrounded by nature but she is herself also nature, which explains this feeling of energy that she communicates to her surroundings.
Nature here is not just an image, a detail or any precise place. Precise and evocative of those caverns and valleys of Lebanon, mysterious despite the blaze of the daytime sun, nature in this painting attains another dimension which we cannot describe as pantheistic, because of its relationship to the female personage and the feeling of an eternal presence which it also possesses. Here we have a masterpiece that makes us regret how the works of Georges Corm are scattered here and there around the world and regret also that the vicissitudes of daily life did not allow him to develop to their highest degree in his painting the infinite riches of his thought and of his talent.

The Lebanese landscape:
Extracts from an article The Uncontested Master of Nature (Le Maître incontesté de la nature), by Ethel Adnan.

The Lebanese landscape is particularly difficult for a painter. It is beautiful, as is only too clear. It is dramatic, jagged, sundered, full of surprises, and vigorous. The eye has hardly had time enough to become used to a contour when there is a change. Comparatively small mathematically speaking, it yet gives the impression of great dimensions and is even grandiose in places. This evident beauty of the Lebanese scene is a snare for the artist, for it acts like a real mirage. There are sketches of a corner of the sea, of some trees, of a bend in the road, studies which are both precise and swift, snapshots that seize the essential structure of the forms. These sketches are always sharp, bare, belonging to that aspect of the spirit of the painter which is incisive and without pity. From the self-portraits to these drawings of prosaic nature, there is a passage which is quite natural though not very evident. They all bear witness however to an equal power of perception.
The oil landscapes are among the best in Lebanese painting. Only Saliba Douaihy (before her voyage to America) and Omar Onsi were able to render the Lebanese countryside with the ability of Corm.
Mountain scenery in Lebanon is bathed in a light which dissolves into a blue smoke. The problem for the painter is to render the force of the rock of which the eye is aware as hiding behind the impalpable mist which surrounds and covers it. The task is almost inhuman.
When Cézanne paints a house in Provence, there are real shadows and colours before him. When he paints trees, there are solid forms that he can easily express. It is only when he paints Sainte Victoire Mountain that there is a problem like the one facing the Lebanese landscape artist, that of a mountain which is at one and the same time massive and unreal. This incidentally explains why he passed his whole life stumbling against this problem, always coming up against it, until his dying day. This mountain was the contradiction that he had to resolve, the challenge he had to take up, the truth he had to face.
Georges Corm attacked the Lebanese scene that was the most difficult to put on canvas. He did not paint the little mountain dwellings, the gardens with their wonderful play of shadows, but studied the mountain itself, with its great valleys that descend in diagonal lines, with arid stretches studded with villages. Seen from afar, these landscapes melt into the light and one has to bring their colours to life without however betraying the grey or rose tints into which they lose themselves. George Corm succeeds admirably and together with those we have mentioned he will always remain the uncontested master of nature in Lebanon.
But Lebanon is not only a country of mountains. These plunge down to the sea sometimes gently and sometimes abruptly and the coast itself presents the painter with new difficulties. There can be no question of painting the coastline in summer, for then it is drowned in a blaze of sunlight. But in autumn, winter and the early spring, the season, unique in the richness of its colours, gives subjects of passionate interest. I am thinking in particular of those seascapes that are both subtle and austere, communicating all the mystery of the encounter between earth and ocean. Georges Corm does not stop at the anecdote, at all the sensual shimmering irridescence that Georges Cyr has rendered so well, nor above all at the charm and folklore of the Ain Mreisseh genre, but rather at the coast grasped in all its purely planetary mysterious simplicity.
The same may be said of that other aspect of the Lebanese coastline, one where it is more sandy than rocky. The south side of Beirut, as George Corm once knew it up to the early nineteen-sixties, presented a quite peculiar and striking character. Four elements were always there to divide the space between them, namely the sky, the great diagonal line of the mountain range sloping down as far as Tyre, the gentler slope of a wide stretch of sand, and finally the sea itself. The colours often complemented each other in a most astonishing way; between the sky, either blue or grey, and the sea, either blue or green, there was always the contrast between the mauve where the mountains disappeared and the orange colour of the sand. These views that I have so often contemplated from the Corniche were painted by Georges Corm with a power and acuteness of vision that for me now bring the past to life again.
I should also like to mention the studies of the terrain surrounding Beirut, half way up between the city and the mountain. The sand changes to rock and its orange colour to a deep rose, like the struggle on the borderline between desert and forest. A few pine trees, so typical of the Lebanese scene, begin on this heath to march as it were in single file. From these places now almost entirely vanished Georges Corm has produced masterpieces.
One cannot end this study without at least mentioning those paintings and drawings of boats on the Nile and of room interiors and the still-lifes.
What should be particularly noted is the unity of this pictorial work underlying all the diversity of its subjects. For example, a painter who goes from portraiture to still life is not an eclectic if the workmanship is consistent and the quality does not suffer. One might even go further and say that, with the exception of a few society portraits, there is a still deeper unity in all this work; there is a Platonist meaning which transmits itself through the painting, an idealism, the presence of the painter’s meditation behind the object described. The boats on the Nile express the long, unbroken historical duration of Egypt, the Lebanese landscapes recall the religious feelings existing in this part of the world, and a miniature watercolour of a divided watermelon shows the passion for living. So it is that behind this strangely discreet and scattered work there stands a visionary of genius.

The items of information are taken from the book "Georges Daoud Corm, peintre et portraitiste libanais, 1896-1971", Beirut, 1981, bilingual French-Arabic, 167 pages, cloth-covered copies numbered 100 to 600 and leather-covered copies numbered 1 to 100. The book is available in gallery Bekhazi Beirut.

Contact: gecorm@inco.com.lb

Featured Works

Paysan égyptien, fusain 65 x 50 cm - Année 50 / Egyptian Peasant, charcoal 65 x 50 cm, during the nineteen-fifties
Autoportrait de l'artiste dans sa jeunesse, huile 27 x 22 cm - Année 30 / Self-portrait of the Artist as a Young Man, oil, 27 x 22 cm – 1930
La jeune femme et la nature, huile 60 x 50 cm - Liban / The Young Woman and Nature, oil, 60 x 50 cm. – Lebanon
Vue de Ain Mreissé, huile 64 x 49 cm - Liban, année 20 / View of Ain Mreisseh, oil, 64 x 45 cm – Lebanon, during the nineteen-twenties
Miss Sabatini, oil, 59 x 51 – Alexandria, 1934
Baalbeck, oil, 25 x 20 cm. – Lebanon, during the nineteen-twenties
The Towers, oil, 64 x 44 cm. – Egypt, during the nineteen-forties
Nubian Woman, oil, - Cairo, during the nineteen-fifties
Jounieh, oil, 30 x 40 cm. – Lebanon, during the nineteen-sixties
View of Khandak el Ghamik, oil, 55 x 45 cm. Beirut, during the nineteen-twenties
Young Egyptian Girl, oil. Cairo, during the nineteen-fifties
Lebanon, oil, 64 x 47 cm – First hotel in Cedars during the twenty
Lebanon, oil, Lebanese house during the twenty